Le procès de Jean-Marc Reiser s’est terminé le 5 juillet 2022. BENOIT PEYRUCQ / AFP
Après plus d’une semaine de débats, la Cour de justice du Bas-Rhin a rendu mardi 5 juillet son verdict contre Jean-Marc Reiser, qui a reconnu avoir tué et démembré l’étudiante strasbourgeoise Sophie Le Tan mais nié avec véhémence toute préméditation.
L’homme de 61 ans a été condamné à la peine maximale à laquelle il pourrait être condamné, la prison à vie avec vingt-deux ans de sécurité, pour le meurtre en 2018 de l’étudiante Sophie Le Tan.
Lorsque le verdict a été annoncé, M. Reiser s’est tenu stoïque, les mains derrière le dos, regardant vers le bas. Lors de son discours final, il a demandé une peine “juste” et a confirmé qu’il n’avait jamais voulu ni envisagé la mort de Sophie. Cette peine va dans le sens des demandes formulées lundi par le Solliciteur général.
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La famille de Sophie Le Tan, dont les membres étaient présents pour l’issue de ce procès, est restée silencieuse.
“J’espère que vous pouvez vous détendre sur le fait qu’il s’agit d’une peine juste et non d’une exécution sommaire”, avait demandé l’homme de 60 ans dans un long discours final mardi matin avant que les jurés ne se retirent. “Il n’y avait rien de prémédité dans cette fureur, que je ne peux toujours pas m’expliquer aujourd’hui. Je ne voulais pas particulièrement Sophie Le Tan, elle ne me dérangeait pas”, a-t-il poursuivi.
Par la suite, s’adressant à la famille de la victime mais la tête baissée, Jean-Marc Reiser a déclaré avoir « fait face à leur immense douleur » et réalisé qu’ils ne pouvaient pas lui pardonner : « Je suis coupable de la mort de leur fille, même si je n’ai pas la veut. Cela me hantera pour le reste de mes jours. »
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L’intentionnalité au cœur du processus
Les six jurés (quatre hommes et deux femmes) et les trois juges ont répondu oui aux deux questions essentielles qui leur étaient posées : si Jean-Marc Reiser a tué volontairement Sophie Le Tan, dont le squelette incomplet n’a pas été découvert en octobre 2019, plus d’un an après sa disparition ?
Et le crime dont il est accusé est-il intentionnel ? Cette question de préméditation était tout l’enjeu du procès. Si M. Reiser a admis lors de l’audience, comme il le fait depuis janvier 2021, avoir tué Sophie, il a nié, lors du procès, toute intention meurtrière et surtout préméditation.
Sophie Le Tan a disparu le 7 septembre 2018, jour de ses 20 ans, après être allée visiter l’appartement de M. Reiser à Schiltigheim, au nord de Strasbourg. Confus par les preuves, M. Reiser a finalement avoué au début de 2021 avoir tué et démembré Sophie, une confession qui a été jugée.
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Le monde avec l’AFP
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