Les clients de Rogers se sont réveillés vendredi matin avec une très mauvaise surprise : les services du géant des télécommunications étaient en panne tôt le matin et la plupart sont restés indisponibles toute la journée. Rogers a été discret sur la nature des dégâts, suscitant la colère de nombreux clients et même les critiques du ministre François-Philippe Champagne.
Vendredi soir, on en savait encore très peu sur les causes de cette panne, qui a touché des services tiers — le réseau de paiement Interac, plusieurs réseaux de transport et certains services d’appels d’urgence, notamment.
Un porte-parole d’Interac a été parmi les premiers à confirmer l’ampleur du problème que vivait Rogers. “Il y a une panne nationale du réseau de télécommunications d’un fournisseur de services qui a un impact sur la disponibilité de certains services”, a-t-elle déclaré par écrit à Oui je devrais.
“Nos équipes techniques travaillent dur pour rétablir le service le plus rapidement possible”, a déclaré plus tard le porte-parole de Rogers, Zach Carreiro, par e-mail, sans donner plus de détails. “Nous nous excusons sincèrement auprès de nos clients et continuerons de vous tenir au courant lorsque nous aurons plus d’informations à partager, y compris lorsque le service sera rétabli. »
La durée de la panne, sans précédent dans l’histoire récente des télécoms au Canada, a suscité une réaction jusqu’au Japon, où est actuellement basé le ministre fédéral de l’Industrie François-Philippe Champagne. Il a dit cet après-midi qu’Ottawa suit de près la situation. “Nous avons exprimé l’importance de résoudre cette situation le plus rapidement possible. Nous avons également souligné l’importance pour l’entreprise de communiquer rapidement et clairement avec les clients concernés”, a écrit le ministre.
Manque de transparence
Cette panne “est une bonne illustration du manque de concurrence dans les télécommunications au Canada”, a expliqué le directeur du programme de maîtrise en politiques publiques de l’Université McMaster, Vas Bednar, dans une entrevue avec La Presse canadienne.
Le secteur canadien des télécommunications est dominé par trois grands transporteurs — Rogers, Bell et Telus — et leur influence sur l’industrie préoccupe depuis longtemps les experts de l’industrie.
Selon Mme Bednar, le fait que de nombreux services, allant du 911 au transport en commun, aient été touchés vendredi matin, prouve qu’il y a un besoin d’une concurrence accrue dans ce domaine. “Mais à moins que les gens ne changent de fournisseur aujourd’hui ou que de nouvelles options publiques n’apparaissent soudainement, nous ne pouvons pas faire grand-chose de plus pour le moment, sauf peut-être répondre à la colère et à la frustration des gens”, a-t-elle ajouté.
Conséquences multiples
La panne a perturbé les opérations partout au Canada, y compris les services publics. Les réseaux des entreprises de télécommunications qui utilisent l’infrastructure de Rogers, plus précisément Fido et Chatr, étaient également inutilisables.
L’interruption des services Interac s’est particulièrement fait sentir dans les succursales de la Société québécoise du cannabis, où les paiements Interac ne fonctionnaient pas. À Québec, le festival d’été invitait également les spectateurs à « prévoir à l’avance » vendredi soir, en apportant une carte de crédit et de l’argent comptant, qui « seront les seuls moyens de paiement acceptés sur les sites ».
À la suite de la panne, les services de police de Toronto et d’Ottawa ont averti le public que le service 911 pourrait être affecté. La Ville de Montréal, pour sa part, a indiqué que son système téléphonique 311, qui traite les demandes des citoyens, n’était pas disponible. Au Québec, le vélopartage est également suspendu car le réseau Rogers ne permet plus aux terminaux de se connecter, a indiqué le Réseau de transport de la Capitale.
Sur Twitter, Service Canada a écrit que “la panne chez Rogers affecte certains centres d’appels et bureaux, y compris les services de passeport”. L’Agence des services frontaliers du Canada a également indiqué que certains voyageurs pourraient ne pas être en mesure de remplir leur déclaration dans l’application ArriveCAN.
Vendredi à 17h00, plus de 12 heures après le début de la panne, la situation ne semblait toujours pas s’améliorer.
Avec la presse canadienne
Add Comment