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le grand nombre de Bob Jungeli, le sursaut d’orgueil de Thibaut Pinault

Thibaut Pinot (Groupama FDJ), lors de la 9e étape du Tour de France entre Aigle (Suisse) et Châtel-Les Portes du Soleil, dimanche 10 juillet 2022. THOMAS SAMSON / AFP

Indépendamment de l’inflation, Thibaut Pinot travaille toujours avec fierté. Vendredi 8 juillet, l’enfant de Melisey (Haute-Saône) a été jugé “zéro” dans “son” ascension de la Super Planche des Belles Filles (31e), pas au niveau de passion de ses nombreux supporters. “La veille, il pleure et dit des bêtises devant les gens, et le lendemain, il gagne. C’est ce que fait Thibaut”, confiait samedi son père, Régis, à L’Equipe.

La réaction a pris deux jours. Au lendemain du titre involontaire d’un assistant de Trek-Segafredo, le grimpeur Groupama-FDJ a retrouvé son air maussade des grands jours en pourchassant Bob Jungels (AG2R-Citroën), futur vainqueur de cette 9e étape du Tour de France 2022.

Malgré sa 4e place à Châtel-Les Portes du Soleil (Haute-Savoie) dimanche 10 juillet, le Français – dépassé dans les derniers mètres par les Espagnols Jonathan Castroviejo (Ineos Grenadiers) et Carlos Verona (Movistar) – n’a eu aucun regret.

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Thibaut Pinot est comme ça, toujours prêt à tout donner et à bouger ses hanches sur son vélo “pour animer un peu la course”, confie-t-il au micro de France 2. Quand il sortait d’un groupe contre un peu mou , dans les pas de Morgins, à une vingtaine de kilomètres de l’arrivée, le Français lui-même pense que l’affaire est pliée, avec un solide Bob Jungels à plus de deux minutes d’avance.

A ressuscité sa carrière à 29 ans

Mais avec un Pinot presque des grands jours, les secondes s’égrènent très vite. Dans les gros clusters dans les pourcentages élevés, moins dans la dernière partie plus douce et favorable aux qualités du luxembourgeois. L’écart GPS ne descendra pas en dessous de 20 secondes entre les deux hommes.

“Au sommet de la dernière côte, je savais que ça allait être difficile”, avoue le Français. Même si je lui avais pris du temps dans les parties dures, il a bien roulé sur les parties roulantes et l’arrivée a été en sa faveur. Bob Jungels a également fait un certain nombre. »

Le Luxembourgeois Bob Jungels (AG2R Citroën), vainqueur de la 9e étape du Tour de France entre Aigle (Suisse) et Châtel-Les Portes du Soleil, le 10 juillet 2022. DANIEL COLE / AP

Soixante-quatre kilomètres pour être exact. Dans une étape enfin promise – sur le papier – aux casse-cou, Bob Jungels a choisi le Col de la Croix pour libérer ses vingt compagnons d’échappée et relancer sa carrière de 29 ans. Depuis fin 2020 et son départ de Quickstep, le talent du Luxembourgeois s’est déjà un peu conjugué à l’imparfait, entre blessures et absence de résultats. A l’arrivée, cette poursuite l’a ramené à ce qu’il avait disputé avec le Belge Jelle Vanendert en route vers sa victoire Liège-Bastogne-Liège 2018. “Le retour de Thibaut Pinot a rendu l’arrivée encore plus excitante”, a salué le pilote AG2R – Citroën.

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A Liège Jungels gagne son “monument” avec l’approbation de son chef et ami, un certain Julian Alaphilippe, accablé par son enseigne favorite ce jour-là. Capable de briller dans des classiques d’un jour vallonnées, de remporter Paris-Roubaix chez les juniors, de rouler fort dans les contre-la-montre ou de terminer 8e du Tour d’Italie, le Luxembourgeois ne savait finalement plus quelle était la meilleure corde à son arc.

Je peux dire que ces derniers mois ont été une montagne russe d’émotions. Mais ça fait du bien de se retrouver au top niveau ! », Bob Jungels

En 2021, il suit la tournée devant sa télévision en raison d’une endofibrose iliaque nécessitant une intervention chirurgicale. «Mais dans quelques semaines et mon Tour de Suisse [6e du classement général], j’ai senti le formulaire revenir. Sauf que la malchance devait encore avoir son numéro de portable. Lors de la présentation des équipes au Tivoli Gardens de Copenhague le 29 juin, il a gardé sa chambre d’hôtel après avoir été testé positif au Covid 19… après le premier test négatif.

Au final, son manager Vincent Lavenu n’a pas eu à demander à Greg Van Avermaet de monter dans le premier avion vers le Danemark pour remplacer le coureur originaire du Grand-Duché, “très stressé” par cette situation. Mais il avait mangé son pain noir. “Il y avait beaucoup de gens dans l’équipe qui croyaient en moi, qui croyaient en moi. Je peux dire que ces derniers mois ont été une montagne russe d’émotions. Mais ça fait du bien de se retrouver au top niveau ! », a goûté celui qui offre ainsi la 21e victoire d’étape du Tour à l’équipe de Vincent Lavigne.

L’épreuve des tests Covid

Jungels pourrait aborder le test du prélèvement nasal avec un certain détachement ce dimanche, après l’étape. Thaddeus Pogacar (5e), ​​lui, semblait plus préoccupé par la menace du Covid-19 que celle, certes inexistante lors de cette première étape alpine, de Jumbo-Visma et Ineos Grenadiers.

“Nous prenons cette situation très au sérieux”, a déclaré le maillot jaune au lendemain de l’expulsion de son coéquipier Vegard Legen. Nous sommes seuls dans les chambres, essayant de rester à l’écart autant que possible. J’espère que le peloton est vraiment épargné. »

Les résultats sont attendus d’ici mardi matin à Morzine (Haute-Savoie). Dans un Tour de France “covid-ridden” pour la troisième année consécutive, la course pourrait aussi être perdue lors d’une journée de repos qui n’aura que le nom.

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Alexandre Pedro (Envoyé spécial à Châtel (Haute-Savoie))