France

“Personne n’est aux commandes”… Malgré l’ouverture de la vaccination préventive, trouver un créneau est impossible

Depuis que les premiers cas ont été identifiés début mai au Royaume-Uni, l’épidémie de monkeypox s’est propagée. Plus de 5 000 cas ont été recensés dans le monde par l’Organisation mondiale de la santé, dont 721 en France, selon le dernier bilan de Santé publique France. Médecins et autorités sanitaires le répètent : les cas de ces dernières semaines ne sont pas graves. “En Europe, ils sont majoritairement bénins et aucun décès n’a été signalé”, confirme Santé publique France. “Fièvre, maux de tête et courbatures” sont les symptômes les plus courants, et “les ganglions lymphatiques peuvent être enflés et douloureux, sous la mâchoire, dans le cou ou dans l’aine”, précise l’agence. Puis rapidement, l’infection “peut provoquer une éruption cutanée accompagnée de cloques et des démangeaisons peuvent survenir”. Une éruption qui se concentre “plutôt sur le visage, dans la zone anogénitale, la paume des mains et la plante des pieds et peut être présente sur le corps et les membres”.

Une maladie dont les conséquences ont toutefois incité plusieurs personnes qui l’ont contractée à partager leurs expériences. Le point commun à ces témoignages est la douleur intense causée par les lésions. “Je prends des analgésiques puissants parce que c’est tellement douloureux”, a confié Pinson, scénariste et réalisateur, sur Twitter, où il a partagé un autre témoignage.

Je partage ici un terrible témoignage sur la variole du singe. Cette maladie n’est pas banale.

J’ai moi-même crié à la table du proctologue, j’ai failli m’évanouir sur le chemin de la salle de bain et une série de nuits blanches.

La lecture est vivifiante 👇 pic.twitter.com/bxmMIXPeya

– PINSON (@hennebert8) 7 juillet 2022

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“C’est très… très douloureux, a confirmé Joe sur le même réseau social. Quand ça fait mal de crier/pleurer, ce n’est pas anodin.

Le dernier point que j’ai oublié : la douleur. Parfois, j’entends “#MonkeyPop, ne pré-tue pas et est terminé dans 2-3 semaines”. Je précise (et chaque cas est différent) que c’est très… très douloureux. Je ne veux pas dramatiser, mais ça l’est vraiment.

– Jo (@ABrandNewJo) 9 juillet 2022

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La vaccination a enfin été prolongée

Conséquence : les appels à étendre la vaccination au-delà des cas contacts se sont multipliés de la part de médecins, d’associations dont Act Up-Paris, ou encore du Parti socialiste et de certains écologistes. L’appel a été entendu alors que la Haute Autorité de santé (HAS) recommandait vendredi “que la vaccination préventive soit proposée aux groupes les plus exposés au virus”. C’est comme ça depuis lundi. Les « hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes » (HSH), les « personnes trans ayant plusieurs partenaires » ou encore les travailleurs du sexe sont éligibles. Un “calendrier vaccinal composé de deux doses espacées de 28 jours” est prévu, précise la HAS.

En Ile-de-France, région qui concentre 473 des 721 cas confirmés en France, dix-huit lieux – hôpitaux ou centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD) – proposent la vaccination, rappelle l’Agence régionale de santé (ARS) d’Ile -de-France. Dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, deuxième région la plus touchée avec 70 cas, quatre CeGIDD doivent remplir cette mission.

Mais… pas de doses, pas de vaccination

Mais si sur le papier le maillage territorial est tissé, en pratique c’est une autre histoire. Créneaux indisponibles, lignes téléphoniques qui sonnent dans le vide : obtenir un rendez-vous* est impossible. L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes précise également sur son site internet : “Pour des raisons logistiques, aucun centre ne pourra procéder à des vaccinations préventives avant le 18 juillet.” Et si la région parisienne est la mieux dotée, l’offre ne suit pas la demande. “J’ai essayé de prendre rendez-vous, malgré une trentaine de tentatives d’appel lundi, je n’ai pas réussi à avoir de contact ni de réponse à mes mails”, confie Christophe à 20 Minutes, qui craint de “multiplier l’infection l’été, en raison au manque d’accès au vaccin’. Idem pour Simon : « Personne autour de moi n’a réussi à trouver un créneau, les téléphones ne décrochent pas, les mails restent sans réponse. A l’Hôpital Saint-Louis de Paris, on précise qu’il n’y a qu’une quarantaine de doses. Et “la priorité est donnée aux personnes qui sont déjà suivies par le service”, abonde Act Up-Paris.

Jeremy a eu plus de chance. “Examens de suivi à l’hôpital Saint-Antoine à Paris dans le cadre de ma prise de PrEP, j’ai contacté mon médecin il y a dix jours pour savoir si une vaccination préventive était possible. A l’époque ce n’était pas le cas, mais elle a eu la gentillesse de m’appeler vendredi, juste après le communiqué de la HAS, pour m’informer que c’était désormais possible et qu’elle pourrait se faire vacciner lundi, j’ai donc été l’un des premiers à se faire vacciner”, se réjouit le jeune homme.

Sur le terrain, “il y a une grande demande, alors on a créé une consultation dédiée à l’Hôtel-Dieu, puisque les centres de référence de la Pitié-Salpêtrière et de Bichat sont surchargés”, explique il y a 20 minutes le docteur Nicolas Dupin, dermatologue vénéréologue au CeGIDD. de l’Hôtel-Dieu de Paris. Nous allons ouvrir un centre de vaccination ici, celui que nous avions ouvert pour le Covid-19, mais nous ne savons pas combien de doses nous aurons ». Manque d’information caractéristique de nombreux centres pris d’assaut. Comme le 190, l’un des plus importants centres de santé sexuelle de la capitale, qui a indiqué lundi sur Twitter qu’il n’y a actuellement “aucune dose du fameux vaccin”.

Stocks inconnus et demande explosive

Pourquoi un début aussi compliqué ? “Les vaccins contre la variole tombent dans des stocks stratégiques parce qu’aujourd’hui c’est un agent bioterroriste potentiel, donc on ne connaît pas le nombre de doses disponibles”, expliquait il y a quelques semaines à 20 Minutes le Dr Jean-Daniel Lelievre, responsable de l’immunologie et des maladies infectieuses. service de l’hôpital Henri-Mondor. Les stocks sont alors “suffisants pour vacciner les cas contacts”, mais pas forcément pour une stratégie élargie.

Face à l’explosion des infections, la demande de vaccins a logiquement augmenté. Et l’offre est difficile à suivre. Le seul laboratoire à produire un vaccin déjà approuvé spécifiquement contre le monkeypox, le Bavarian Nordic du Danemark, a vu ses commandes bondir. Son sérum antivariolique, vaccin vivant non réplicatif de 3e génération, est autorisé en Europe depuis 2013, où il est commercialisé sous le nom d’Imvanex. Et c’est par l’intermédiaire de l’autorité sanitaire Hera (créée après la pandémie de Covid-19) que l’UE a acheté près de 100 000 vaccins, qui devraient progressivement être mis à disposition des Vingt-sept, ainsi que de la Norvège et de l’Islande.

Au nom de la Direction générale de la santé (DGS), assurent-ils, les ARS s’organisent. Pour l’instant cependant, “en raison d’une forte demande, il est possible de constater des retards dans la prise de rendez-vous et les injections lors des premiers jours de campagne”, a reconnu mardi soir la DGS. « Par ailleurs, les autorités sanitaires confirment que toutes les personnes concernées par les indications du HAS peuvent être vaccinées », a-t-elle assuré. Normal.