Le président américain Joe Biden le 13 juillet 2022. EVAN VUCCI / AP
Ceux qui espéraient que le pire était passé devront attendre. L’inflation aux États-Unis a atteint 9,1 % pour l’année en juin, un record depuis novembre 1981. Ce chiffre pire que prévu a marqué une forte détérioration par rapport au mois précédent, lorsque la hausse globale avait atteint 8,6 %.
La tendance mensuelle s’est accélérée, avec des prix en hausse de 1,3 % en juin, contre +1 % en mai et +0,3 % en avril, ont révélé mercredi 13 juillet les données du département américain du Travail.
Ce mauvais chiffre devrait contraindre la Réserve fédérale américaine (la Fed, la banque centrale) à relever à nouveau ses taux directeurs lors de sa réunion de fin juillet de 0,75 point de base, voire d’un point de base si l’on en croit les anticipations des marchés. Les taux d’intérêt à court terme de l’institution monétaire sont actuellement fixés entre 1,5 % et 1,75 %, contre un peu au-dessus de zéro en mars.
A lire aussi : Article réservé à nos abonnés Aux Etats-Unis, face à la flambée des prix, la Fed double ses taux directeurs
Le boom de l’inflation s’explique par la très forte hausse des prix de l’énergie (+7,5 % en un mois, +41,6 % en un an), mais aussi de l’alimentation (+1 % en un mois, +10,4 % sur un an). En revanche, les prix hors énergie et alimentation, qui composent l’inflation sous-jacente, ont continué d’accélérer avec une hausse de 0,7 point contre +0,6 les mois précédents. Sur l’année, cette inflation sous-jacente s’est légèrement atténuée puisqu’elle a atteint +5,9% après avoir culminé à +6,5% en mars, une tendance saluée par le président Joe Biden.
L’exégèse des chiffres n’apporte rien de réconfortant, si ce n’est la légère baisse des tarifs aériens visible sur le terrain.
Pas de spirale inflation-salaire
La seule bonne nouvelle reste l’évolution des salaires hebdomadaires, qui n’ont augmenté que de 4,2 % sur l’année, contre un pic de +4,6 % en avril. Les Américains perdent du pouvoir d’achat avec une baisse réelle de 4,4% des salaires hebdomadaires, mais le côté positif de cette situation est qu’il n’y a toujours pas de spirale inflation-salaire. Le marché du travail demeure excellent, avec 372 000 emplois ajoutés en juin, mieux que prévu, et un taux de chômage de 3,6 % de la population active, le niveau le plus bas.
Dans ce contexte, les observateurs estiment que les États-Unis ne devraient pas tomber en récession. Ce bon état de l’économie, malgré l’annonce par le technologue d’un ralentissement des embauches, complique la tâche de la Fed. Le refroidissement de l’économie ne se fera pas tout seul et la banque centrale risque elle-même de provoquer une baisse de l’activité économique.
Il vous reste 54,68% de cet article à lire. Ce qui suit est réservé aux abonnés.
Add Comment