France

Le nombre de constructions a explosé, mais les prix ont continué d’augmenter

Les promoteurs immobiliers se portent bien en Bretagne, merci pour eux. Partout aux entrées de la ville, des enseignes vantant les maisons et appartements saisis attirent le regard, faisant courir l’imagination pour leur trouver un nom. Les « Paysages d’escalade », « Jardin des Artistes », « Le Domaine des Chênes » ou le modeste « Nouveau Monde » espèrent attirer résidents ou investisseurs. Selon les données révélées par l’INSEE, le marché de la région est en plein essor. En 2021, les permis de construire délivrés par les communes ont presque atteint les 35 000. Un chiffre en hausse de 36,5 % par rapport à 209, la dernière année “normale”. Rattraper la crise sanitaire alors que les bureaux ont longtemps été fermés ? Un peu, mais pas seulement. Car le nombre de mises en chantier a également augmenté de 28% par rapport à 2019.

On peut facilement blâmer “l’invasion des Parisiens”, mais le problème est plus complexe. Avec une forte attractivité démographique et le phénomène de « décobitage », la Bretagne est très prisée. Pour accueillir les jeunes familles néo-rurales, les cadres en quête de nature ou les personnes âgées attirées par le littoral, la région se construit de fond en comble, “y compris par rapport à la période d’avant la crise sanitaire”, assure l’institut statistique. Voyant le nombre de permis de construire bondir de 36 %, la région « a creusé l’écart » avec la moyenne nationale, qui était inférieure à 13 %. Le secteur de la mode de la résidence secondaire est une explication.

Les pouvoirs publics doivent résoudre le problème du logement en Bretagne, les habitants sont contraints d’acheter à l’intérieur du pays, où les prix deviennent même prohibitifs. Je suis un pollibéral et je suppose que oui. Mais ce n’est plus possible pour les jeunes couples et les autres

— Loïc LT 🇪🇺🇨🇵 🇺🇦 (@monsieurloiclt) 15 juillet 2022

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Une région de plus en plus chère

Dans un marché où les prix sont calibrés en fonction de l’offre et de la demande, la tendance est à la hausse. Tous départements confondus, le prix des appartements neufs a augmenté “de près de 9% en deux ans”, analyse l’Insee, alors que la moyenne nationale tourne autour de +4%. Longtemps considérée comme bon marché, la région se rétrécit. Le prix du mètre carré, qui était inférieur de 17 % en Bretagne à la moyenne française, n’est plus que de -10 %. Un constat qui n’est pas valable dans les mégapoles et le littoral, où les prix ont flambé ces dernières années. Dans ce contexte inflationniste, les notaires bretons notaient “les premiers signes d’un ralentissement” en début d’année, ce qui pourrait conduire à une stabilisation des prix.

Avec cette croissance démographique, il semble urgent de prendre des mesures pour limiter la consommation de terres, notamment agricoles. Selon l’association Terre de liens, 9 800 hectares de terres agricoles sont perdus chaque année, dont 4 800 au profit de cultures artificielles. La SAFER (société d’aménagement et d’aménagement rural) a même mis en garde la région contre la prolifération de lotissements prenant beaucoup de terrain.