Le secrétaire au Travail dit vouloir “aller plus loin” sur la réforme de l’assurance-chômage. Olivier Dussopt appelle à “réfléchir à la prochaine étape”, estimant que nos règles de rémunération devraient aussi tenir compte de la situation sur le marché du travail.
Parmi les exemples que la France pourrait suivre figure le Canada. “Quand ça va bien, on resserre les règles, et quand ça va mal, on les desserre”, a résumé le ministre pour expliquer le système canadien. “Plus le taux de chômage est élevé au niveau local, plus l’indemnisation est généreuse”, simplifie Olivier Dussopt.
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En fait, au Canada, la protection n’est pas la même pour tout le monde. Le montant des indemnités versées varie d’une région à l’autre en fonction d’un critère : le taux de chômage régional. Le principe est assez simple : plus le taux de chômage au niveau local est élevé, plus l’indemnisation est généreuse.
Concrètement, dans la région économique de Calgary, dans la province de l’Alberta, où le taux de chômage est de 13 %, vous aurez droit à trente semaines d’indemnisation, calculées sur les quatorze meilleures semaines, à condition d’avoir travaillé au moins 420 heures. Par contre, si vous êtes dans la même situation mais que vous habitez à Ottawa, en Ontario, le taux de chômage n’est que de 6 %. Par conséquent, vous devez avoir travaillé plus d’heures pour être éligible au chômage. Le calcul sera effectué sur une période de référence un peu plus longue, généralement moins rémunératrice, et la prestation ne sera versée que pendant 16 semaines. Par conséquent, dans le premier cas, vous recevrez plus de 400 dollars en six mois et dans l’autre – 350 dollars en 3 mois.
Pour les Canadiens, ce modèle les aide à retourner au travail plus rapidement. Selon une étude de l’Unedic, 40% des demandeurs d’emploi au Canada restent au chômage moins d’un mois. En France, c’est l’inverse : près de 40 % restent au chômage depuis plus d’un an.
Certains économistes estiment que ce n’est pas forcément un modèle à suivre, jugeant qu’il serait compliqué à créer ici. L’économiste Bruno Coquet, expert de l’assurance-chômage lié à l’OFCE, s’interroge : “Quel problème cela résout-il ?” Il rappelle aussi qu’en France “près d’un chômeur sur deux ne touche pas d’indemnisation” et n’est donc pas suspect, que il veut profiter du système.
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