France

Pouvoir d’achat : le Parlement adopte enfin la première partie des mesures

Le bout du tunnel législatif est en vue. Le Parlement a adopté ce mercredi en deuxième lecture le premier volet du paquet pouvoir d’achat convenu par les députés et sénateurs après des promesses faites à la droite. 112 députés ont voté contre, tous de gauche, et 36 se sont abstenus.

Ce texte “extraordinaire”, qui porte un coût total de 20 milliards d’euros, prévoit notamment une hausse de 4% des pensions pour les retraites de longue durée et plusieurs abattements rétroactifs à compter du 1er juillet 2022, limitant les hausses de loyers à 3,5% en France ou allant même jusqu’à tripler le plafond de la prime Macron pouvant être versée par les employeurs.

Entre la hausse des prix et la crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine, “le plus dur, c’est qu’on y sera encore quelques mois”, a prévenu le ministre de l’Economie Bruno Le Maire. Présent à l’Assemblée nationale lors des débats, il s’est montré “déterminé” à “protéger économiquement les Français”, comme lors de la crise sanitaire, tout en devenant le gardien des finances publiques face aux assauts de l’opposition.

Le deuxième texte voté jeudi ?

Dans une rare unanimité, les députés ont ajouté au paquet de mesures la déconjugalisation de l’Allocation Adultes Handicapés (AAH) – une disposition rejetée par le gouvernement lors de la précédente législature. Le projet de loi facilite également le redémarrage des centrales électriques au charbon et crée un régime humiliant pour accélérer l’approvisionnement en gaz d’un terminal méthanier flottant, au grand dam des écologistes.

Le second volet des mesures pro-achats prévoit 9,7 milliards d’euros de financement pour la nationalisation d’EDF, le maintien de la prime carburant, la revalorisation de l’indice des fonctionnaires et des dispositions controversées comme la suppression de la redevance audiovisuelle, la résilience d’un éventuel rachat par les sociétés RTT ou encore d’une éventuelle carte vitale biométrique. Mais pas de taxe sur les “bénéfices excédentaires”, comme l’insistent la gauche et l’extrême droite.

Les parlementaires tenteront ce mercredi soir de trouver un accord sur ce deuxième texte, qui a été voté en première lecture dans la nuit par le Sénat et pourrait être définitivement adopté jeudi. L’approbation de ce dernier texte marquera la suspension des travaux jusqu’à la rentrée, après un marathon estival de trois semaines sur ces mesures, prises face à une inflation galopante (+6,1% en juillet en un an d’après INSEE) , qui était un thème majeur de la campagne présidentielle.

La Première ministre Elizabeth Bourne est venue remercier mardi les députés de la majorité pour leur “présence intense et persistante en commission et en demi-cercle”, selon des informations.