Près de 200 personnes ont défilé samedi à Fleury-Mérogis (Essonne) en hommage à Lucas, un jeune de 17 ans “qui n’aimait pas la confusion” selon son entourage, battu à mort par plusieurs jeunes en pleine rue à fin juillet.
Réunis l’après-midi au parc de la Greffière, ces habitants étaient souvent vêtus de tee-shirts à l’effigie du jeune homme souriant – originaire de Fleury-Mérogis et issu d’une famille réunionnaise. Ils ont erré jusqu’à l’endroit où il a été attaqué, un tronçon de trottoir devant une papeterie et un bureau de tabac en briques et mortier, a constaté un journaliste de l’AFP.
Ce jour-là, mardi 27 juillet, Lucas allait “voir un ami”, a déclaré son oncle d’une voix cassée lors d’une allocution publique. Il est mort “à cause de plusieurs individus qui voulaient à tout prix ôter la vie à quelqu’un de Fleury-Mérogis”, a-t-il poursuivi, s’exprimant sous couvert d’anonymat et ne voulant pas parler à la presse.
Gravement blessé à la tête et en état de mort cérébrale après l’attaque d’une bande de jeunes d’Evry, l’adolescent est décédé le lendemain, mercredi, à 23 heures.
Ce mardi, plusieurs heurts ont eu lieu à Fleury-Mérogis, dont une bagarre entre des jeunes de la commune et un gang rival d’Évry, qui a entraîné l’hospitalisation du personnage principal. Lucas a peut-être été agressé lors d’une “vengeance”, une expédition punitive menée plus tard dans la nuit de mardi pour venger le jeune Evry blessé.
Le parquet d’Evry a ouvert une information judiciaire pour meurtre intentionnel en bande organisée et violences graves.
Lors de la “marche blanche”, les habitants sont apparus sidérés par le déchaînement de violence qui a coûté la vie à un jeune sans antécédent, au passé criminel propre et “ne traînait pas”, Christelle, une voisine du quartier des Aunettes qui a ne veut pas dire son nom. “Il allait à la messe, c’était un enfant de chœur”, se souvient aussi la retraitée Geneviève Zhuraver.
Un jeune homme “fier d’avoir un baccalauréat qui voulait passer son permis et ses courses” pour travailler dans l’assistance à la personne a décrit son oncle pour qui “c’est impensable qu’on ne puisse pas ne pas se promener dans une petite ville comme Fleury”.
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L’Essonne, au sud de Paris, est le théâtre régulier d’affrontements parfois très violents entre jeunes de villes rivales, même si les origines de cette rivalité restent souvent floues.
Ainsi, en 2020, un quart des combats enregistrés en France ont eu lieu dans ce département. En 2021, trois jeunes y ont été tués, dont deux de 14 ans.
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