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A 67 ans, cet ouvrier est frustré par sa caisse de retraite

Lorsque vous choisissez de prolonger votre carrière au-delà de 65 ans, quel impact cela a-t-il sur votre régime de retraite à prestations déterminées?

C’est la question intéressante soulevée par la situation de Louis. L’homme de 67 ans et de 8 mois travaille à temps partiel dans une multinationale. Il envisage de prendre sa retraite l’année prochaine.

Notre lecteur bénéficie d’un généreux régime de retraite de la part de son employeur, mais se dit frustré par le traitement réservé aux travailleurs âgés par sa « caisse de retraite ».

Quel est le problème ?

Les meilleures années méconnues

Louis a la mauvaise surprise de retrouver cette phrase dans la documentation de son régime : « Conformément à la loi québécoise et aux dispositions du régime, votre service crédité et la moyenne de vos derniers salaires servant au calcul de votre rente sont gelés à votre retraite normale.

Le problème est que, du point de vue de la rémunération, Lewis a connu ses meilleures années après avoir dépassé l’âge normal de la retraite de 65 ans. S’ils étaient pris en compte, sa pension serait supérieure de 150 $ par mois, estime-t-il.

La législation

S’agit-il de la législation québécoise, comme le pense notre lecteur? Existe-t-il un moyen de reconnaître les années de service récentes ?

“Dans le contexte de pénurie de main-d’œuvre, il me semble que nous devrions encourager les employés à rester plus longtemps au travail”, a expliqué Lewis.

Cela relève de la Loi sur les régimes complémentaires de retraite du Québec. Selon l’actuaire et planificatrice financière Mélanie Beauvais du cabinet Bachand Lafleur, le régime de retraite arrête le chronomètre à 65 ans, ce qui est permis.

“La loi n’oblige pas l’employeur et les employés à continuer de cotiser au régime après cet âge”, a-t-elle expliqué.

La bonne nouvelle est que notre lecteur n’a pas eu à cotiser au fonds depuis trois ans. Il devrait normalement figurer sur la feuille de paie ainsi que dans les droits de cotisation au REER qui ne sont plus limités par le facteur d’équivalence résultant de la participation au régime de retraite.

Si Lewis avait contribué ces dernières années, ce serait une autre histoire, mais Mélanie Beauvais en doute. Aucun recours n’est donc possible.

Cependant, comme Lewis a retardé le paiement de ses prestations pendant trois ans, la loi québécoise a exigé que le régime réévalue la pension. C’est le même principe que le RRQ, la rente sera ajustée à la hausse.

Moins, moins généreux

Notre futur retraité fait partie des privilégiés. Une minorité de travailleurs ont accès à un régime de retraite à prestations déterminées qui garantit une rente jusqu’au décès. Seuls les gouvernements et quelques grandes entreprises l’offrent encore à leurs employés.

C’est qu’ils sont chers et que la promesse d’une rente viagère fait peser le risque financier sur les employeurs qui doivent renflouer le fonds en cas de manque à gagner.

C’est pourquoi le nombre de ces régimes n’a cessé de diminuer depuis un quart de siècle, et ceux qui ont résisté sont souvent moins généreux qu’autrefois.

Auparavant, la possibilité de prendre sa retraite avant 65 ans restait attrayante. Après avoir accumulé un certain nombre d’années de service, le salarié peut partir plus tôt sans subir de pertes importantes.

Désormais, partir précipitamment influe sur le montant de la pension, du moins dans le secteur privé, explique Mélanie Beauvais. Rien ne vous en empêche, mais l’impact sur le revenu de retraite est dissuasif.

L’objectif est de réduire le coût des régimes, mais ces changements ont aussi pour effet d’inciter davantage de travailleurs à rester en emploi jusqu’à 65 ans.

C’est le bâton après tout. Le lecteur Lewis préférerait la carotte.