Le matin du mardi 16 août 2022, Gilbert Rouvre, 72 ans, montera en selle devant la cathédrale de Van pour commencer son voyage à vélo d’environ 1 600 km vers Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne. Un cours qu’il fera tout seul… avec son capteur de glycémie à l’avant-bras et sa petite pompe à insuline à la ceinture. « Je veux me prouver que je peux encore faire des choses et montrer aux autres patients qu’on peut s’en tirer. »
Le retraité de l’immeuble de Damgan a été diagnostiqué fin 2018 : cancer du pancréas, « souvent un cancer foudroyant. Je voulais la vérité. J’avais 2% de chance de survivre après 5 ans, même avec une opération. J’ai toujours dit que je serais dans les 2%”, a-t-il affirmé.
« Chimiothérapie intense et très sévère »
“Au début, mes premiers symptômes étaient que je tremblais et que j’avais mal au dos. Une prise de sang et un scanner ont révélé un nodule pancréatique de 28 mm. Comme tous les patients, je me suis demandé “Pourquoi moi?” “Me réveiller chaque matin me ramenait à la réalité…” Gilbert Rouvre a été opéré début 2019 de la main. «Il a suivi six mois de chimiothérapie à Van tous les 15 jours. “Une chimiothérapie intense et très lourde alors que je ne pesais déjà que 51 kg. J’ai eu beaucoup d’effets secondaires, j’avais envie de vomir. Quand je me suis levé, je pouvais à peine me tenir debout… mais c’est parti ! »
Sans son pancréas, Gilbert est devenu diabétique, d’où la pompe à insuline, « que j’espère utiliser plus que la pompe à vélo ! » Deuxièmement, j’espère que non. »
“Je gererais”
Petit à petit, l’ancien sportif, “qui n’a jamais bu, jamais fumé”, a recommencé à marcher un peu tous les jours et à faire du vélo. 5-6km au départ et changement de vitesse au fur et à mesure : « Maintenant je fais environ 40km tous les deux jours. Je vais aussi à Muzillac à vélo chercher mon pain, ça compte ? il sourit. “J’aime les défis. Je suis probablement là grâce au sport”, explique celui qui a retrouvé le poil de la bête et les kilos. « 65 kilos ! Mon chirurgien n’y croyait pas ! »
En 2021, Damganais a pédalé son vélo et navigué – environ 390 km – de Brest à Nantes en treize jours. « J’ai voulu rénover Saint-Jacques-de-Compostelle car il y a toujours quelque chose de fort qui se passe le long de cette route. En 2000, il l’a achevé en 23 jours. Cette fois, il envisage plutôt deux mois, avec les dimanches de congé et chaque fois que sa glycémie le rappelle à l’ordre. «Parfois après 10km ça peut tomber. »
Ils lui donnaient 2% de chance de survivre après 5 ans. “J’ai toujours dit que je serais dans les 2%.” | OUEST DE LA FRANCE
Il s’est offert un vélo de randonnée en acier Trek 520, qui sera chargé de 25 kg avec la toile de tente, équipement de bivouac. Gilbert se rendra également dans des chalets ou des maisons en partenariat avec des membres de l’association “Espoir pancréas”, pour qui une cagnotte en ligne est ouverte via leur page Facebook et Helloasso et qui sera là au départ en Van. « C’est un peu comme vendre mes milles pour eux. J’espère récolter au moins 5 400 euros”, glisse le concurrent en maillot jaune fluo.
Ayant déjà travaillé ses mollets jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle, il sait que les étapes le feront saliver. « Quand tu arrives à Saint-Jean-Pied-de-Port [Pyrénées-Atlantiques] avec 24 km de pente à environ 6%, il fait chaud. Et puis il y a aussi des murs dans les montagnes en Galice… J’ai peur, mais j’y arriverai. »
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