L’agrément de l’hebdomadaire a été retiré en mai par la Commission mixte des publications et des agences de presse.
CARREFOUR – Le distributeur Carrefour a annoncé vendredi 19 août avoir décidé de retirer de la vente l’hebdomadaire d’extrême droite Rivarol, qui s’est vu retirer son agrément par la Commission paritaire des publications et des agences de presse (CPPAP).
« Suite à la décision de la Commission mixte des publications et des agences de presse du ministère de la Culture de ne pas renouveler le certificat d’immatriculation délivré à la publication Rivarol au profit du dispositif d’aide à la presse, Carrefour a décidé de ne plus vendre cette semaine », a déclaré le groupe devant l’AFP.
Fondée en 1951, Rivarol (du nom du contre-révolutionnaire Antoine de Rivarol) est une publication phare de l’extrême droite française. L’approbation du journal a été retirée en mai par le CPPAP, une mesure qui supprimait les avantages fiscaux et réduisait les tarifs postaux dont bénéficiaient les journaux.
Le directeur de la publication, Jérôme Bourbon (de son vrai nom Fabrice), a été condamné quinze fois, notamment pour incitation à la haine, contestation de crimes contre l’humanité et injures racistes.
En décembre dernier, il a été reconnu coupable de contestation d’un crime contre l’humanité et d’incitation à la haine contre les Juifs pour un enregistrement vidéo de lui évoquant l’arrestation au Vel d’Hive.
“Les chiffons racistes, antisémites, xénophobes et négationnistes ne devraient plus avoir droit à la citoyenneté”
En particulier, il a affirmé que le maréchal Pétain « s’est toujours opposé à la moindre persécution ou atteinte aux Juifs français ».
En mars, une trentaine d’historiens et personnalités, dont Beate et Serge Klarsfeld, défenseurs de la mémoire des déportés français, protestent contre les “aides publiques indirectes” dont bénéficie Rivarol.
Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a salué la décision de Carrefour. “Les chiffons racistes, antisémites, xénophobes et négationnistes ne devraient plus être autorisés à circuler comme ils le font sur les réseaux sociaux”, a déclaré l’institution sur Twitter.
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Le CPPAP est un organe composé à parité de représentants de l’Etat et de spécialistes de la presse. Il est chargé de décider de l’éligibilité des publications au régime économique de la presse, selon un certain nombre de critères.
Ses dispositions précisent que « les publications déniant, incitant à la haine raciale, à la xénophobie et portant atteinte à la dignité de la personne humaine » ne peuvent bénéficier de ce régime.
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