Une nouvelle fois, une information déclenchée sur les réseaux sociaux a fait réagir un ministre. Peut-être un peu trop vite. Dimanche 21 août, la devise du ministère de la Justice était de tenter de calmer le jeu en faisant vœu de silence, vingt-quatre heures après le message menaçant posté par Eric Dupont-Moretti sur Twitter. Réaction à une vidéo postée sur YouTube montrant des détenus participant à une course de kart avec des gardiens à la maison d’arrêt de Fresnes (Val-de-Marne) dans le cadre d’une activité baptisée “Kohlanness” (en référence à l’émission de télé-réalité “Koh-Lanta”) ), le garde des Sceaux a tweeté samedi : “Suite aux images choquantes de la prison de Fresnes, j’ai immédiatement ordonné une enquête afin que toute lumière soit faite. La lutte contre la rechute passe par la réinsertion, mais certainement pas par le karting ! »
Personne dans le bureau du garde des sceaux ou dans la direction de l’administration pénitentiaire n’était autorisé dimanche à s’exprimer sur l’affaire, qui prenait de l’ampleur dans les médias et sur Twitter. La réaction du ministre a ajouté à l’excitation, après que plusieurs personnalités proches de l’extrême droite aient contribué à alimenter l’indignation en ligne à propos de la vidéo.
L’enquête, ordonnée immédiatement “pour faire la lumière”, ne sera pas confiée à l’inspection générale de la justice, contrairement à ce que laisse entendre le ton du ministre. Il est probable que la direction de l’administration pénitentiaire devra rendre compte de cette affaire, a appris Le Monde de bonne source.
Seuls deux prisonniers touchés
C’est que les propos de M. Dupond-Moretti mettent son administration en porte-à-faux. Les images, qu’il a trouvées “choquantes”, ont en fait été confirmées par le ministère de la Justice avant leur diffusion sur YouTube, comme l’a révélé Le Figaro. Selon nos informations, “dircom”, comme on appelle les services de la direction de la communication de la place Vendôme, est même intervenu à quatre reprises pour demander et obtenir des modifications sur le contenu de cette vidéo censée résumer une activité organisée. 27 juillet dans cette prison avec l’aide de trois associations de la municipalité. Alors que tout tournage en garde à vue nécessite des autorisations remontant aux directions centrales du ministère, la fusion des services de communication des différentes directions intervenue en 2020 a encore renforcé la centralisation de ce processus au plus près du cabinet du ministre.
Il vous reste 62,11% de cet article à lire. Ce qui suit est réservé aux abonnés.
Add Comment