France

“Il est au-dessus du sol, ce qu’il dit est absolument inacceptable”, affirme Fabien Roussel

Emmanuel Macron, qui avait prédit mercredi 24 août “la fin de l’abondance” à l’ouverture du conseil des ministres de la rentrée, est “décollé”, confirme à franceinfo le député communiste du Nord, Fabien Roussel. “Ce qu’il dit est absolument inacceptable, incompréhensible pour ceux qui travaillent beaucoup et ont du mal à vivre décemment de leur travail.

franceinfo : Pourquoi les propos d’Emmanuel Macron vous mettent en colère ?

Fabien Roussel : Le président de la République est détaché de la réalité des Français. Il est au-dessus du sol et ce qu’il dit est absolument inacceptable, incompréhensible pour ceux qui travaillent beaucoup et ont du mal à vivre décemment de leur travail. Et c’est à eux que nous disons « la fin de l’insouciance, la fin de l’abondance ». Car quand il parle d’abondance, Emmanuel Macron parle aussi d’argent public et d’investissement de l’Etat et dit que c’est fini. Il annonce une politique d’austérité, d’économies, de sacrifices supplémentaires. Je dis : “arrête”.

“L’opulence et l’insouciance auxquelles nous voulons mettre fin sont celles dont abusent les plus riches de notre pays. Ces grands industriels et multinationales qui non seulement échappent à l’impôt, mais captent aussi toute la richesse de notre pays.”

Fabien Roussel

chez franceinfo

Les 500 personnes les plus riches de France ont un héritage de 1 000 milliards d’euros. Ils n’ont jamais été aussi riches.

Ne pensez-vous pas que l’insouciance est finie pour beaucoup de Français cet été après tout, compte tenu des phénomènes météorologiques ?

Nous commençons tous à prendre conscience de la réalité climatique et nous faisons tous des efforts à notre niveau. Mais le président de la république, qui revient de vacances dans sa forteresse de Bregançon, où il conduisait un jet, quel effort fait-il ? Bernard Arnault, François Pinault, et les autres grandes richesses de France, quels efforts font-ils ? Où est leur empreinte carbone ?

Ils peuvent répondre qu’ils ont des fondations avec lesquelles ils font des actions environnementales…

Oui, les fondations, qui servent surtout à l’optimisation fiscale, puisque tout ce qui est mis dans une fondation permet de ne pas payer d’impôts. Dans notre pays, il y a 10 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté. Et en parlant de changement climatique, 12 millions de personnes sont en situation de précarité énergétique. Il n’y a pas d’abondance pour tous ces Français qui font quand même beaucoup d’efforts. Nous voulons que la classe aisée, ces grandes multinationales et ces industriels le fassent aussi.