France

Pap Ndiaye, ministre de l’Education, mis à l’épreuve par la pénurie d’enseignants

Pap Ndiaye au ministère de l’Education nationale, à Paris, le 14 juin 2022. LEA CRESPI POUR “LE MONDE”

L’exercice est inédit et le symbole sans équivoque : à quelques jours de la rentrée, Emmanuel Macron a décidé de lancer lui-même l’année scolaire en réunissant les recteurs de l’académie à la Sorbonne, jeudi 25 août au matin. Première. Au cours de cette rencontre, qui intervient la veille de la conférence de presse scolaire de son nouveau ministre de l’éducation nationale, Pap Ndiaye, le président doit revenir “sur son ambition pour l’école et présentera les enjeux de la nouvelle méthode pour l’éducation nationale, à l’image de l’expérience menée sous de Marseille en grand”, précise Eliseus.

Une manière pour Emmanuel Macron de confirmer qu’il a placé les questions d’éducation au centre de ce second quinquennat – lui qui a promis une revalorisation des salaires des enseignants, un “nouveau pacte” avec la profession, une “grande concertation” sur un la rentrée qui se tiendra cet automne… Une façon aussi de positionner son nouveau ministre en amont de sa première rentrée alors que les dossiers difficiles s’accumulent. Le premier d’entre eux est bien sûr la crise du métier d’enseignant, dont les conséquences pourraient empêcher la réalisation de la feuille de route fixée par Emmanuel Macron.

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Car cette rentrée présente une première énigme à résoudre : alors qu’il manquait 4 000 enseignants (dont 1 700 au primaire) sur un total de 880 000 à l’issue des différents concours de recrutement du printemps, l’Éducation nationale peut-elle frapper qui sera enseignant ? devant chaque classe à la rentrée ? Interrogé par l’Assemblée nationale début août, Pap Ndiaye a reconnu que la situation était “plus difficile que d’habitude” et que le recours aux contractuels était “plus important que[il] ne le souhaite pas[ait] “.

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Inquiétude dans les académies

L’institution propose un recours accru aux contractuels, dont la formation express doit débuter jeudi, et assure faire tout son possible pour combler les dernières lacunes. En déplacement au presbytère de Créteil le 23 août, le ministre de l’Éducation s’est voulu plus rassurant que lors de son audition devant l’Assemblée. Il a même décrit une situation “comparable voire légèrement meilleure que l’an dernier à la même époque” au sein de cette académie, qui fait face à un problème chronique de recrutement – et donc, dans une plus large mesure, de remplacement des absents dans les semaines à venir.

« Le ministre a un assez bon crédit initial dans la profession, note un universitaire familier de la rue de Grenelle, mais il y a un grand risque que ce capital soit perdu si la rentrée se passe mal, et notamment si on manque d’enseignants préparés devant les élèves. “Parce que c’est l’une des craintes des syndicats, qui rejettent l’expression ‘un enseignant pour chaque classe’ reprise par le ministre devant la caméra le 23 août, pointant du doigt une réalité bien plus contrastée sur le terrain.

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