Christian Lambert, président de la FNSEA, a dénoncé lundi 5 septembre dans franceinfo “les fraudes et pratiques illégales de certains grands distributeurs”. “Autant ils ont joué le jeu au début de la crise du Covid, aujourd’hui ils sont revenus à leurs vieilles habitudes d’optimisation financière, niant complètement la réalité économique”, a-t-elle déploré.
Selon Christiane Lambert, les distributeurs “ne respectent pas” la charte d’engagement qu’ils ont signée dans le cadre du comité hebdomadaire de suivi des négociations commerciales pour tenir compte de la guerre en Ukraine et de la grippe aviaire. “Ils font payer des pénalités logistiques aux industriels, commandent plus qu’ils n’en ont besoin et infligent des pénalités aux industriels qui ne livrent pas tout”, explique Christiane Lambert. Citant des chiffres de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et des fraudes (DGCCRF), elle estime le coût de ces sanctions à “200 millions d’euros l’an dernier”. “C’est scandaleux”, déplore-t-elle.
Michel-Edouard Leclerc a assuré jeudi à franceinfo que Christian Lambert l’appelait en privé à “vendre la production française”, alors qu’en public elle tenait un “discours purement syndical”, pointant du doigt la responsabilité des agro-industriels. des prix. “Ce Michel-Edouard Leclerc est concentré sur ses responsabilités. Parlementaires, la DGCCRF dit qu’il n’y a pas de triche et de profit de la crise chez les industriels », poursuit-elle. “Les distributeurs ne jouent pas le jeu”, insiste Christiane Lambert, invitant le chef des magasins de Leclerc à “balayer dans son jardin”. “Comme d’habitude, ils cherchent une échappatoire, une issue. Ils essaient de se dédouaner, c’est un classique”, a réagi le président de la FNSEA.
Bras de fer avec les distributeurs ➡️ « Je vois la fraude et les pratiques illégales de certains gros distributeurs. Autant ils ont joué le jeu au début de la crise du Covid, aujourd’hui ils ont repris leurs anciennes habitudes”, dénonce Christiane Lambert. pic.twitter.com/OiyeEYwdHN
— franceinfo (@franceinfo) 5 septembre 2022
“J’appelle aussi les Français à mesurer qu’un litre de lait aujourd’hui, 78 centimes, ne paie pas le producteur”, ajoute-t-elle. “Voulons-nous des producteurs de lait en France ou voulons-nous tirer un trait sur cette filière ?”, a lancé Christian Lambert. “Certains agriculteurs sont dans le rouge, dans la production laitière, dans la production porcine, aussi dans les fruits et légumes, et si nous perdons ces fermes, ils n’ouvriront plus jamais leurs portes”, prévient-elle. Pour Christian Lambert, “il faut se ressaisir, regarder la réalité des coûts et rémunérer les agriculteurs pour le fruit de leur travail”.
Add Comment