La Banque centrale européenne a décidé de frapper fort pour lutter contre la hausse des prix sans précédent depuis près d’un demi-siècle. L’institution de Francfort, qui veut ramener au plus vite l’inflation à un taux neutre autour de 2%, a accéléré jeudi son durcissement de politique monétaire, décidant de relever ses taux d’intérêt d’une ampleur sans précédent.
Le Conseil des gouverneurs de l’Institut monétaire a décidé de relever les principaux taux d’intérêt de 75 points de base. Il s’agit de la plus forte hausse de l’histoire de l’institution face à la flambée de l’inflation en zone euro, qui restera “trop élevée” pendant une “période prolongée”. L’augmentation des taux d’intérêt a pour but d’encourager l’épargne et de réduire la consommation, en réduisant la pression sur les prix.
A titre de référence dans un contexte de liquidité abondante, le taux des dépôts bancaires à la BCE, ramené de -0,5% à 0% en juillet, est ainsi passé à 0,75%. Les deux autres principaux taux d’intérêt, celui appliqué aux banques dans les opérations de refinancement sur plusieurs semaines et celui visant le prêt marginal quotidien, sont respectivement de 1,25% et 1,50%.
En juillet, la BCE a eu la main ferme en annonçant une hausse surprise de 50 points de base alors que 25 points étaient attendus. Le rythme de cette augmentation était déjà sans précédent après huit années de niveaux négatifs. La promesse était alors de faire de même en septembre à moins que les pressions inflationnistes ne s’atténuent.
Forte inflation pendant longtemps
La baisse attendue des prix va ralentir, comme en témoignent les nouvelles prévisions d’inflation de jeudi, nettement relevées jusqu’en 2024. La BCE s’attend à une inflation de 8,1% en 2022, contre 6,8% en juin.
Pour 2023 et 2024, les partisans de l’euro prévoient respectivement 5,5 % et 2,3 %, toujours au-dessus de l’objectif de 2 %.
“Stagnation” de l’activité économique
Cependant, l’économie de la zone euro freine. La Banque centrale européenne a relevé jeudi sa prévision de croissance du PIB de la zone euro pour 2022, mais l’a fortement abaissée pour 2023.
L’institution monétaire s’attend à une “stagnation” de l’activité économique fin 2022 et début 2023. Elle prévoit désormais une croissance de 3,1% cette année, mais seulement 0,9% en 2023, contre 2,8% et 2,1% projetés dans leurs prévisions de juin. Pour 2024, l’institution table sur une croissance du PIB de 1,9% contre 2,1% précédemment.
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