Un officier ukrainien se tient devant un canon automoteur Caesar en première ligne, dans la région du Donbass, dans l’est de l’Ukraine, le 15 juin 2022. ARIS MESSINIS / AFP
La livraison fera l’objet de longues négociations. Selon nos informations, la France s’apprête à fournir à l’Ukraine une nouvelle série de canons Caesar, issue d’une commande initialement destinée au Danemark. Cette livraison peut concerner 6 à 12 obusiers sur les quinze demandés par Kyiv. Alors que les discussions techniques sont en cours de finalisation, la manœuvre fait l’objet d’un accord politique de principe entre les trois gouvernements. Cela a été révélé lors d’échanges ces dernières semaines entre le président Emmanuel Macron, son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky et la première ministre danoise Mette Frederiksen.
L’opération est à la fois inédite et compliquée pour les autorités françaises. Le matériel que Paris s’est engagé à livrer à Kyiv était initialement destiné au Danemark, dans le cadre d’une commande de 15 unités passée en 2017, complétée par 4 autres canons en 2019 livrés par leur constructeur Nexter. A ce stade, Copenhague serait plus que disposée à renoncer à certains de ces matériaux, car ils sont encore en cours de validation technique ou encore ne répondent pas tous aux spécifications initialement fixées par les Danois. Après hésitation, l’Ukraine, dont les dirigeants sont satisfaits de l’efficacité des Césars, est prête à récupérer ces matériels et à les utiliser tels quels. Ni l’Elysée ni le ministère des Armées n’ont souhaité commenter l’opération.
Lire aussi : Article réservé à nos abonnés La France fournit des canons Caesar et des missiles antichars Milan à l’Ukraine
Prévenu par son état-major, Emmanuel Macron refuserait en tout cas de prendre de nouveaux Césars à la flotte de l’armée française, déjà réduite par la livraison de 18 canons au printemps et au début de l’été : le contingent envoyé en Ukraine représente près d’un quart de l’état-major de l’armée, fixée à 76 pièces. De plus, Kyiv ne perd pas en bourse. Si les Caesar danois sont un modèle plus lourd que ceux de l’armée française (32 tonnes contre 18 tonnes), ils sont plus puissants : montés sur 16 roues au lieu de 12, ils peuvent emporter jusqu’à 36 obus au lieu de 18, et leur cabine dispose armure plus protectrice. “Caesar est l’outil idéal pour l’attaque en contre-batterie, pour repérer et détruire l’artillerie ennemie avant qu’elle ne vous engage”, a déclaré une source militaire.
Moscou fait monter la tension
Au mieux, Emmanuel Macron peut annoncer les grandes lignes de l’opération le lundi 3 octobre, lors d’une rencontre à Berlin avec le chancelier allemand Olaf Scholz, du moins si ce dernier se remet d’une infection au Covid-19. Le 19, qui l’a contraint à s’isoler ces derniers jours. Lors d’un dîner de chancellerie, les dirigeants se sont tournés pour discuter des risques d’escalade de la guerre en Ukraine et de la crise énergétique, alors que le président russe Vladimir Poutine intensifie les tensions avec l’annexion des territoires occupés et appelle à la mobilisation face aux menaces de confrontation nucléaire. Sans parler du “sabotage” présumé des gazoducs Nord Stream 1 et Nord Stream 2.
Il vous reste 58,94% de cet article à lire. Ce qui suit est réservé aux abonnés.
Add Comment