“J’ai attendu 2 heures pour faire le plein, heureusement je suis en arrêt de travail aujourd’hui”, explique Patrick dans son van noir. Comme lui, de nombreux automobilistes de Créteil dans le Val-de-Marne forment désormais une longue file de plusieurs centaines de mètres devant l’une des rares stations-service qui distribuent encore du carburant.
Ce lundi 10 octobre, la circulation le long de l’avenue du Général-de-Gaulle, axe stratégique de la ville-préfecture du Val-de-Marnaise, est sévèrement ralentie. Dès que vous sortez de l’A86 ou de la D1, des embouteillages se forment de part et d’autre du pont.
“Je ne pars pas tant que je n’ai pas bu de gasoil”, conclut Patrick, quand soudain une voix se fait entendre depuis l’entrée de la station-service. « La station-service est sortie ! “. A ces mots, un concert de cors d’harmonie se fait entendre. Antonio, plus loin sur la ligne, s’impatiente et jette sur le trottoir une barrière grise qui a été placée là pour régler la circulation. ” Il ne sert à rien d’essayer de régler la ligne, ici c’est chacun pour soi.”
“Les gens agissent comme des sauvages”
Devant la station-service, désormais vide de carburant, une camionnette blanche s’engage malgré tout dans la chaussée pour s’arrêter devant la pompe. Son chauffeur a essayé à tout prix de faire le plein puis a insulté le chef de gare lorsqu’il s’est aperçu que pas une goutte de carburant ne sortait de la pompe. « C’est comme ça tous les jours ! s’exclame le chef de gare. « Les gens se comportent comme des sauvages et menacent le personnel. S’il n’y a pas de police pour servir de médiateur demain, je n’ouvrirai pas ! “.
Robert, chauffeur VTC, préfère ne pas se mêler de disputes entre chauffeurs, mais il remarque tout de même une modification de la route. “Il devient de plus en plus difficile de se déplacer dans des villes comme Champigny, Créteil ou Choisy-le-Roi. Même lorsque vous ne faites pas la queue pour l’essence, vous êtes coincé dans les embouteillages.” Estelle, une habitante de Crète, dans son minivan, revient du travail quelque peu résignée à la situation. “Ces trois derniers jours, ça s’est aggravé. Il me faut 15 minutes pour parcourir les 400 mètres qui me séparent de chez moi ».
A Vincennes, en milieu d’après-midi, l’avenue de Paris a été barrée pendant près d’une heure par la police dans le sens est-ouest, entre le cours Marigny et une station-service, en raison des « difficultés créées par la file d’attente ». Cette station était remplie de carburant et les chauffeurs qui passaient le message s’y précipitaient.
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