“Sarmat et le Royaume-Uni n’existent plus”
Plus tôt cette semaine, la Russie a mis en garde contre le danger “réel” que la guerre en Ukraine dégénère en troisième guerre mondiale. “Le danger est sérieux, il est réel, il ne peut être sous-estimé”, a déclaré le diplomate russe Sergueï Lavrov. Suite à cette déclaration, les médias russes, proches du Kremlin, ont emboîté le pas, évoquant sans complexe les possibilités d’une nouvelle guerre mondiale. “Sarmat et le Royaume-Uni n’existent plus”, a déclaré un expert sur la chaîne russe. “Le Royaume-Uni possède également des armes nucléaires. Personne n’aurait survécu à cette guerre”, a déclaré un autre invité de l’émission.
La veille, Margarita Simonyan, directrice de la chaîne Russia Today, évoquait sur l’autre chaîne Russia-1 que « la possibilité d’une troisième guerre mondiale est plus réaliste ». “Soit nous perdons en Ukraine, soit la troisième guerre mondiale commence”, a-t-elle déclaré.
Un bluff ?
Vraie volonté d’escalade ou simple bluff de la Russie ? Pour Olivier Schmidt, directeur de recherche et professeur à l’Institut des hautes études de la défense nationale (IHEDN), cette déclaration de journalistes et médias proches du Kremlin est “une manière d’intimider l’Occident”. “Comme la Russie n’atteint pas ses objectifs militaires en Ukraine, elle cherche à empêcher l’approvisionnement en armes, ce qui modifiera considérablement l’équilibre des forces sur le front”, a-t-il déclaré à L’Express. “Agiter sur la perspective d’une troisième guerre mondiale est stratégique”, a-t-il poursuivi.
@PierreServent : “Le fait que Poutine publie une déclaration nucléaire ou un terrible essai balistique assez régulièrement, après des moments difficiles, je pense que c’est plutôt un aveu de faiblesse de la part de la structure du Kremlin.” #Le79inter pic.twitter.com / BSz7zmXWLX
— France Inter (@franceinter) 27 avril 2022
Même avis pour Pierre Serven, spécialiste de la défense et de la stratégie militaire. “Je considère cela comme une reconnaissance d’une faiblesse de la part de la structure du Kremlin. “Quand vous regardez la séquence dans les années 60, à chaque fois qu’il (Vladimir Poutine) est durement touché, euh, vous avez une déclaration sur l’énergie nucléaire, sur la troisième guerre mondiale”, a-t-il déclaré mercredi à France Inter.
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