“J’attends un signal fort de la justice. On ne peut plus jouer ainsi avec la santé des gens. “Ce jeudi, Pierre Inar sera au tribunal correctionnel de Nantes pour assister au procès contre Castel Viandes et trois de ses dirigeants, poursuivis dans l’affaire dite du “reconditionnement”, viande avariée qui serait revendue malgré tout. à y consommer entre 2010 et 2013. Le quinquagénaire ne sera pas un spectateur comme les autres. Aujourd’hui éleveur de vaches Salers à Saint-Aubin-des-Châteaux (Loire-Atlantique), il a porté plainte au civil pour “rétablir la vérité”.
Il était à l’origine du “scandale” de Castel, un grand abattoir de Chateaubriand, au nord de Nantes, alertant d’abord les services vétérinaires en 2008 puis, cinq ans plus tard, la gendarmerie, qui a finalement ouvert une enquête. Embauché par Castel en 2006 comme responsable qualité, Pierre Hinar a eu des « premiers soupçons » d’irrégularités en 2007. Nous avons eu un problème de steak chez Flunch. Le restaurant s’est plaint que des clients étaient tombés malades. J’ai essayé de comprendre et j’ai réalisé que ce n’était pas accidentel. Derrière moi se trouvait un système organisé de revente de viande avariée. »
“Une heure plus tard, j’ai été appelé et viré.”
L’agronome en formation provoque « des retours d’invendus qui ont été redécoupés et acheminés », « de la viande transformée sale et malodorante », « des larves tombées dans la machine de découpe », « des ruptures dans la chaîne du froid », « des analyses bactériologiques falsifiées ». analyses”… “Ça n’a jamais été grave pour la direction. Elle m’a dit que dans le pire des cas, les consommateurs auront une bonne diarrhée. La réponse a toujours été économique. Nous avons dû vendre les actions », a déclaré Pierre Hinar.
L’exécutif accepte un temps de silence. Jusqu’à la réexpédition en décembre 2018 du “lot sans espoir”, qu’il avait pourtant “détruit un an plus tôt”. “Je ne voulais pas être responsable d’enfants qui meurent ou tombent gravement malades. Je suis allé prévenir le vétérinaire. Une heure plus tard, j’ai été appelé par ma direction et licencié *. Castel était protégé par un vaste réseau d’influence. Je l’ai appris à la dure. »
“L’Etat n’a ni la volonté ni les moyens de contrôler”
Isolé, critiqué par les fonctionnaires et même poursuivi en justice par son ancien employeur, Pierre Hinar a tenté de retravailler tant bien que mal jusqu’à l’explosion médiatique de l’affaire en 2013, puis la publication du livre d’Omerta sur la viande, témoin. parler l’année prochaine. “Nous avons dû passer par là pour protéger nos vies. Ils m’ont pointé du doigt, ont fait de moi un menteur. Mais je n’étais qu’un témoin. Vous devez comprendre que Castel est poursuivi pour des fautes commises après mon licenciement. Cela signifie qu’il n’y a pas eu d’interrogatoire. C’est fou. »
Indigné, y compris contre les autorités agricoles, à qui il reproche de ne pas le soutenir, Pierre Inar craint que l’épisode avec Castel ne soit un cas isolé en France. “Quand l’argent est en jeu, la tentation de tricher est très forte. Et l’Etat n’a ni la volonté ni les moyens de bien contrôler. Quand on voit récemment l’affaire de la pizza Buitoni, ça rappelle évidemment des souvenirs. Tout cela aurait pu être évité. Ça m’excite. »
* Pierre Hinar a été officiellement licencié pour faute grave. Il a contesté son licenciement devant le tribunal du travail en 2019, mais a été licencié en première instance. Sa plainte a été entendue le 22 mars. La décision est attendue le 8 juillet.
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