France

La pression continue aux urgences

Après avoir reconnu une semaine particulièrement chargée, les urgences du Québec n’ont pas sonné vendredi. Plusieurs hôpitaux comptaient plus de 150 % d’emplois. En quête de solutions, certains intervenants réclament le retour de la ligne One Call, One Meeting créée pendant la pandémie pour prendre en charge les urgences pédiatriques.

Posté à 18h12

Presse Arian Lacoursier

“Cela a été d’une grande aide, surtout en pédiatrie”, a déclaré la Dre Judy Morris, présidente de l’Association des médecins d’urgence du Québec.

Rémi Boulila, directeur général et propriétaire des Centres médicaux Mieux-Être à Montréal, espère sincèrement que la ligne sera reconstruite. “Nous assistons avec horreur à la disparition de ce service. Nos médecins pourraient vraiment aider à désengorger les salles d’urgence, dit M. Bullilla. Tout le monde veut le récupérer.”

“C’est simplement venu à notre connaissance à ce moment-là. C’est dommage qu’il soit retiré », a déclaré la Dre Michelle Tran, omnipraticienne GMF dans le nord de Montréal.

Lancée en septembre 2021, la ligne “Un appel, un rendez-vous” a permis aux parents d’enfants ayant des problèmes de santé non urgents d’être conseillés. Il a cessé d’exister le 31 mars. « Les hôpitaux de l’île de Montréal travaillent actuellement en étroite collaboration avec les cliniques médicales afin d’optimiser les intervalles de temps pour les rendez-vous de santé urgents », a expliqué la Direction régionale de l’accès aux services médicaux de première ligne du DRMG de Montréal. On estime également que le lancement des guichets d’accès de première ligne (GAP), dont la première phase doit démarrer le 1er juin, “permettra de réduire la pression sur toutes les urgences, y compris les deux hôpitaux pédiatriques. »

Pour M. Bullilla, la ligne “Call, Meeting” serait précisément “peut être liée à GAP”. “Vous aviez une solution qui fonctionnait. Pourquoi l’avez-vous supprimé ? ” il demande.

Ces questions se sont posées alors que les services d’urgence du Québec étaient très occupés vendredi. À l’Hôpital Anna-Laberge de Châteauguay, le taux d’occupation était de 178 % peu avant midi. Ces urgences sont particulièrement stressantes depuis plusieurs mois. En raison d’un manque de personnel en avril, le restaurant a dû fermer 15 lits. Ces lits s’ajoutent aux 25 autres, qui ont dû être fermés au début de la pandémie dans cet établissement de 253 lits.

Le Dr Morris a expliqué que le trafic intense dans les services d’urgence provinciaux était en grande partie dû au “manque de capacité hospitalière et à la pénurie de personnel”. Le Dr Morris souligne que les “primes COVID” récemment offertes aux professionnels de santé ont été supprimées, ce qui “pourrait encore compliquer la situation”, notamment avec l’arrivée de l’été, une période déjà difficile pour le personnel.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux s’est dit « conscient que l’été est une période où les problèmes de dotation, notamment pour les infirmières, sont exacerbés ». « Les établissements disposent d’une panoplie d’outils pour assurer le maintien des soins et des services aux usagers, tout en essayant de protéger le personnel de l’impact de ces difficultés de travail », précise-t-on. Aucune incitation spécifique pour l’été n’est actuellement envisagée, a indiqué le ministère, promettant “d’assurer un suivi rapproché de la situation”.

Pourcentage d’emploi dans certains services d’urgence vendredi

  • Hôtel-Dieu de Lévis : 151 %
  • Pierre le Gardier : 156%
  • Centre hospitalier régional de Lanodier : 164 %
  • Hôpital Saint-Eustache : 166 %
  • Hôpital Centre-de-la-Mauricie : 142 %
  • Centre hospitalier Anna-Laberge : 178 %
  • Hôtel-Dieu de Sorel : 165 %
  • CHUM : 147 %
  • HMR : 161%
  • Hôpital Santa Cabrini : 150 %
  • Hôpital de Verdun : 173 %
  • Hôpital Royal Victoria; 185%
  • Hôpital Papino : 167 %

Source : MSSS, à 23 h 55