France

Un procès s’impose contre un ancien policier pour escroquerie en garde à vue

Une plainte a été déposée contre un ancien adjoint de sécurité (ADS) de la préfecture de police de Paris qui a volé les cartes bancaires de personnes en garde à vue ou en dégrisement, a-t-on appris dimanche de sources proches du dossier. La destitution de Souleymane D., notamment pour escroquerie et détournement de biens par agent public à l’encontre de six personnes, a été demandée par le parquet dans un réquisitoire déposé fin avril, dans lequel l’AFP dit avoir réussi à consulter, confirmant une information de Médiapart. L’ancien policier risque jusqu’à sept ans de prison.

Agé de 30 ans et ADS depuis 2016, l’homme travaille au commissariat de police du Xe arrondissement. Il a été relevé de ses fonctions après avoir été placé sous contrôle judiciaire en septembre 2020. A partir de cette date, il a été interdit d’exercer en tant que policier, selon la Préfecture de police de Paris (PP).

L’affaire a débuté en novembre 2019, lorsqu’une femme a souligné alors qu’elle était jugée à Paris pour violences sur policiers et pompiers qu’elle-même avait subi des violences lors de sa garde à vue. Elle dit également avoir été victime d’une utilisation frauduleuse de sa carte bancaire pour plusieurs centaines d’euros sur des sites de jeux en ligne comme Betclic ou Google Play.

“Difficultés financières”

Une enquête préliminaire ouverte le même jour sur les violences volontaires, les vols et les escroqueries du PDAP a révélé l’existence d’autres victimes. L’enquête a été lancée en février 2020. Devant les enquêteurs, ADS, qui détenait également du travail au noir chez Deliveroo, a reconnu les faits d’escroquerie et de vol, les expliquant notamment par ses “difficultés financières”. Le trentenaire “a réussi le concours de casques bleus en septembre 2019”, mais “en raison des faits qui lui étaient reprochés, son agrément de casques bleus lui a été retiré”, a indiqué le PP à l’AFP.

Moi, Thibault Laforcade, l’avocat du demandeur principal, ai accueilli favorablement ces demandes. “Mais c’est incomplet : il est incompréhensible qu’on ait dans ce cas un licenciement uniquement pour vol et non pour des faits de violence”, a-t-il dit. Son client a eu cinq jours d’ITT. Elle a également dénoncé le fait que son soutien-gorge avait été enlevé pendant la perquisition, qu’elle avait dû être laissée sans chemise et forcée de boire dans une gamelle pour chien lorsqu’elle demandait de l’eau dans la cellule de dégrisement. Le parquet demanda le non-lieu à cet égard, l’enquête n’ayant pas permis de déterminer “clairement et précisément” l’origine des contusions du requérant.