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La Commission municipale de Québec demande la libération du maire de Sorel-Tracy

Pour avoir espionné un fonctionnaire de la Ville grâce à un micro dissimulé dans son bureau, le maire de Sorel-Tracy, Serge Peloken, doit être démis de ses fonctions pour un an, a indiqué la Commission municipale du Québec (CMQ) dans une requête à la Cour suprême mardi.

Posté à 18h00

Isabel Ducas Presse

“Gestes [de Serge Péloquin] a créé une onde de choc dans la ville et brisé le lien de confiance que les fonctionnaires et élus pouvaient avoir avec le maire. [Ils] représentent une atteinte grave à l’honneur et à la dignité du poste d’élu municipal, ce qui justifie sa déclaration de privation du droit d’occuper le poste d’élu municipal pour une période d’un an », écrit le CMQ dans sa demande, qui sera entendu le 8 juin au Palais de justice de Sorel-Tracy.

En novembre 2020, le maire a caché un appareil d’enregistrement dans le bureau du fonctionnaire René Chevalier, “au-dessus de la bibliothèque, derrière la chaîne stéréo là-bas”, selon une poursuite déposée par le CMQ.

Cet appareil électronique est connecté à une application installée sur le téléphone mobile [maire]qui peut activer l’enregistrement à l’heure souhaitée.

Le 7 avril 2022, l’employé a découvert l’appareil électronique et l’a éteint, après quoi il a informé le directeur général de sa découverte.

Interrogé par le directeur général, Serge Peloken reconnaît avoir placé le micro dans le bureau de René Chavalier et confirme qu’il a pu faire ce geste en vertu des pouvoirs qui lui sont conférés par l’article 52 de la loi sur les villes (LCV) car il soupçonnait la employé de certaines lacunes.

L’article 52 de la LCV confirme, entre autres, que “le maire exerce le droit de surveiller, d’enquêter et de contrôler tous les services et fonctionnaires ou employés de la commune”.

“Toutefois, les pouvoirs prévus à l’article 52 de la CTA ne permettent pas [maire] d’installer un appareil électronique dans le bureau d’un employé municipal, au contraire. Le directeur général est le premier fonctionnaire de la commune et le responsable de l’administration communale, notamment de la gestion des ressources humaines, il a entre autres pour mission de documenter le dossier disciplinaire d’un employé. écrit CMQ dans son procès.

Le CMQ regrette que le maire ait eu accès à des conversations privées auxquelles l’employé a participé et qu’il ait ainsi abusé de ses fonctions.

Le CMQ et la Sûreté du Québec ont lancé des enquêtes suite à la découverte du microphone caché. Le 6 mai, l’Unité permanente de lutte contre la corruption a pris d’assaut la maison du maire.

Lors de la dernière séance du conseil municipal du 2 mai, les élus ont voté la défiance à Serge Peloken. Ils croient que le maire, qui a congédié l’employé sans solde, a agi de manière à faire passer son opinion et ses intérêts personnels avant ceux de la ville et des citoyens.