Sous la supervision du Dr Amita Singh, spécialiste des maladies infectieuses à l’Université de l’Alberta, l’essai clinique a duré 19 mois. Elle a été menée auprès d’un échantillon de 1 500 participants, dans deux services d’urgence à Edmonton, dans un centre de détention et au sein de la Première Nation dans le nord de la province.
L’étude clinique a révélé qu’un tiers des personnes testées étaient positives pour les infections sexuellement transmissibles, y compris la syphilis. En plus de permettre d’obtenir des résultats en moins de 15 minutes, le test montre surtout, selon Amita Singh, une précision de plus de 90 %.
Les résultats préliminaires confirmés en laboratoire des essais cliniques montrent qu’environ 500 personnes ont été testées positives pour la syphilis, dont 240 étaient de nouvelles infections.
Nous avons prédit que peut-être 10% de nos participants seraient positifs. Les résultats sont incroyables. Ils nous disent que nous avions [bien ciblé les endroits] qui sont plus susceptibles d’abriter des personnes à risque de syphilis, explique le Dr Singh.
Reprise de cas au Canada et dans les prairies
Le pays fait face à une recrudescence des cas de syphilis dans 10 ans (New Window), selon l’Agence de la santé publique du Canada. L’Alberta a enregistré 2 500 nouvelles infections au niveau provincial en 2020 seulement, contre 160 signalées en 2014. En d’autres termes, le nombre de cas dans la province a plus que 15 fois plus en huit ans.
La Saskatchewan affiche également une forte augmentation de la positivité. Selon Stuart Skinner, PDG de la Wellness Wheel Medical Outreach Clinic à Regina, le taux était de 78,4 pour 100 000 personnes en 2020. C’est environ neuf fois plus élevé qu’en 2016.
Pendant ce temps, Santé Canada a approuvé un deuxième essai clinique de tests rapides et approuvé son utilisation en Saskatchewan.
Ameeta Singh s’attend à ce que cela change avec des tests prometteurs en Alberta. Je pense que cela va changer la donne pour le Canada, espère-t-elle.
Les tests rapides (ici double test pour le VIH et la syphilis) peuvent aider les personnes testées positives, en particulier les femmes enceintes, à accéder rapidement au traitement.
Photo : Radio-Canada / Julia Wong
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En attendant le feu vert de Santé Canada
Les tests rapides doivent encore être approuvés par Santé Canada avant de pouvoir être distribués. S’ils sont autorisés, ils seront produits à grande échelle par deux sociétés, MedMira et Biolytical Laboratories.
Professeure à la London School of Hygiene and Tropical Medicine au Royaume-Uni, et fervente partisane de la recherche sur la disponibilité de doubles tests rapides pour le VIH et la syphilis, Rosana Peeling a appelé le Canada à agir rapidement pour élargir l’accès à ces tests.
En particulier, dit-elle, ils peuvent aider les personnes dont le test est positif à obtenir un traitement immédiat.
Le Dr Noel Ives, qui coordonne l’étude, a déclaré que les participants testés positifs après un test rapide se sont vu proposer un traitement sur place et 84% l’ont accepté.
La syphilis, une infection qui peut être mortelle
Les personnes infectées par la syphilis peuvent développer de graves complications cérébrales, cardiaques et nerveuses, selon l’Agence de la santé publique du Canada.
Les femmes enceintes dont le test est positif et qui ne sont pas traitées peuvent transmettre l’infection à leur fœtus. En effet, en Alberta, 183 bébés sont nés avec la syphilis congénitale depuis 2016, et 39 d’entre eux en sont décédés, selon le gouvernement provincial.
Si les femmes ne sont pas testées avant et pendant la grossesse, nous ne pouvons pas interférer avec nos traitements, prévient Amita Singh.
Turning Point, une organisation de Red Deer, en Alberta, a intensifié ses campagnes de sensibilisation du public à la gravité de la syphilis, une infection qui, selon l’infirmière de Red Deer, Reid Charbono, pourrait affecter [les]organes et même entraîner la mort.
Avec des informations de Julia Wong
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