France

des projets de construction sur des terres agricoles ont éclaté l’année dernière

C’est un indicateur très fiable et peu encourageant pour la lutte contre le changement climatique. La terre artificielle a fait un bond en avant en France l’an dernier dans les zones agricoles lorsque le gouvernement a voté la loi climat et développement durable, qui vise à réduire la pression foncière. L’aménageur du foncier rural en France, Safer, est celui qui élève le lapin. Et c’est assez spectaculaire.

Dans son enquête annuelle sur les prix des terrains en 2021, Safer a noté que la valeur des terres agricoles à bâtir a augmenté de 30 %. Et que le nombre d’opérations a également explosé, de 25 %. Ce sont de futurs projets de maisons individuelles ou de locaux professionnels. C’est un niveau de consommation de terres sans précédent depuis 2009. Cela s’explique par l’effet Covid-19 : rattrapage sur les projets gelés et envie de nature. Mais pas seulement.

C’est aussi un effet de la loi climatique. Le texte, voté en juillet 2021, envisage une réduction significative des terres artificielles d’ici 2030. Les propriétaires profiteraient donc de la fenêtre d’opportunité, explique Loic Jeguzo, directeur adjoint de la recherche chez Safer : « C’est l’attente des principes du zéro net. les usages artificiels, qui ont été introduits dans la loi sur le climat et la durabilité, qui prévoit une artificialité nette nulle d’ici 2050 et qui prévoit à partir de 2031 une réduction de 50 % de cette consommation des espaces agricoles et naturels et des forestiers.

Et cela peut aussi créer un effet d’entraînement : plus une commune consomme de terres aujourd’hui, plus elle pourra en consommer en 2030 avant l’objectif de zéro usage artificiel de 2050, qui autorise toujours la construction s’il y a compensation.

De son côté, l’Association des maires ruraux (AMRF) estime qu’il existe une forte pression pour construire le littoral, en Bretagne ou en Nouvelle-Aquitaine. En particulier, des efforts financiers sont demandés au gouvernement pour sortir de n’importe quel pavillon de la province. “Nous avons besoin de moyens supplémentaires si nous devons rénover l’ancien bâtiment”, a déclaré Sébastien Gutebel, vice-président de l’AMRF et maire de Murol (Puy de Dom). Peut-être qu’on va rénover le petit groupe d’habitats avec des jardins communs, des espaces privatifs ouverts. Peut-être qu’il va falloir dans nos villes démolir une maison sur trois pour recréer des parkings, des espaces jardins. Et tout ça, il va falloir avoir des fonds spéciaux parce que comme de nombreuses grandes villes se prononceront toujours pour sortir des grands projets de bureaux, des lotissements dans notre province, nous n’avons pas de fonds spécifiques pour cela.

Les maires entendent discuter de la question dans quelques jours avec la nouvelle ministre de la Transition écologique, Amélie de Monschalen, alors que les premiers décrets du volet art de la loi climat viennent d’être publiés.