La sonnette d’alarme, qui a été tirée lundi par les chefs des urgences de l’hôpital, dans une lettre reçue de Radio Canada, a suscité de nombreuses réactions.
Une soixantaine de médecins du Régiment des chefs d’urgence du Québec (RCUQ) estiment que la qualité des soins a été compromise et que plusieurs décès potentiellement évités ont été signalés. […] ces derniers mois en raison du manque d’accès à une civière et des soins requis par la condition.
Ils exigent l’ouverture des lits d’hôpitaux, pas leur fermeture partielle pendant l’été.
Selon Dre Judy Morris, urgentologue à l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal et présidente de l’Association des médecins d’urgence du Québec (AMUQ), l’urgence devrait [d’agir] elle est ressentie par tout le monde sur le net, car là on a l’impression d’être les seuls à lui faire subir la pression.
Le gouvernement et le ministère doivent faire pression sur les structures de santé […] sont responsables et responsables », explique le Dr Morris.
Selon la présidente de l’AMUQ, on ne peut pas exiger des équipes qu’elles travaillent presque régulièrement à 150 à 200 % de leur capacité, sinon, prévient-elle, l’épuisement professionnel et les départs vont se multiplier.
De son côté, le ministre de la Santé et des Services sociaux n’a pas exprimé publiquement le même sentiment d’urgence que les médecins.
D’abord, ce n’est pas une surprise, on sait que l’été est toujours difficile dans le réseau de la santé quand viennent les vacances, a déclaré Christian Dubet.
De plus, ce dernier n’entend pas s’immiscer dans l’octroi des congés d’été. C’est un engagement pour les infirmiers, il faut donner des vacances bien méritées, a confirmé le ministre.
“Oui, ça peut être un été difficile, ai-je dit, mais je pense que nous mettons en place des choses qui vont nous aider. »
– Citation de Christian Dubet, ministre de la Santé et des Services sociaux
Selon les données disponibles recueillies par Radio-Canada, le pourcentage de patients sur civière qui restent plus de 24 heures à l’urgence est passé d’environ 17 % lors de l’arrivée au pouvoir de la Coalition avenir Québec (CAQ) en 2018, à près de 22 % l’an dernier. an.
Depuis le début des vacances dans le secteur de la santé, il y a une semaine, ce pourcentage oscille entre 24% et 32%.
La Dre Judy Morris est présidente de l’Association des médecins d’urgence du Québec.
Photo : Radio Canada
“Appelez le coroner en chef”
Interrogé à l’entrée d’une commission parlementaire, le porte-parole de Québec solidaire Vincent Marisal estime que la première chose à faire est d’appeler le coroner en chef car les médecins ont parlé de décès évitables.
Parmi les solutions qu’il propose, la première ligne doit être rouverte pour que les petites plaies ne se retrouvent pas à l’hôpital, a précisé le député. Malheureusement, rien n’a été fait sur cette question depuis quatre ans […] et le ministre prend toujours des décisions au bout d’un an.
De son côté, le chef du Parti libéral du Québec, Dominic Anglad, déplore le manque de médecins de famille et son impact sur la fréquentation des urgences.
Lorsque la CAQ est arrivée au pouvoir, il y avait 400 000 personnes qui attendaient un médecin de famille, alors qu’aujourd’hui elles en attendent plus d’un million ! [Et] parce que la première ligne n’est pas adéquate, elle déborde dans nos urgences, dit-elle.
Selon Joël Arseno, chef du troisième groupe d’opposition et porte-parole du Parti québécois en matière de santé, c’est une bonne illustration du fait qu’à la CAQ on est toujours à l’envers sur l’actualité et les problèmes, on n’a pas la capacité d’anticiper.
Selon ce dernier, si on s’occupait des urgences dans les cliniques locales que sont les CLSC, on n’y serait pas.
Député québécois solidaire Vincent Marisal
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Le CUSM soutient les gestionnaires des urgences
Invités à commenter, la plupart des établissements de santé nous ont référés au MSSS.
Au Centre universitaire de santé McGill (CUSM), la conseillère en relations médias Annie-Claire Fournier a indiqué dans un courriel avoir lu avec intérêt la lettre signée par les chefs du service des urgences, adressée à tous les cadres du réseau et publiée aujourd’hui. L’achalandage aux urgences des dernières semaines est vraiment préoccupant et nous réalisons que cette situation affecte nos patients et leur famille, notre personnel et nos médecins.
«Nous partageons également la position des services médicaux d’urgence du Québec, qui rappellent que la pression doit être répartie dans tout le système de santé pour permettre aux services d’urgence de remplir leur mission première, qui est de prodiguer des soins d’urgence aux patients dont l’état l’exige. »
– Citation d’Annie-Claire Fournier, porte-parole du Centre universitaire de santé McGill
Au CISSS de Laval, la porte-parole Marie-Yves Despati-Gagnon a indiqué dans un courriel qu’elle était l’une des moins résilientes aux TSO. [heures supplémentaires obligatoires, NDLR] dans tout le réseau de la santé québécois […] que plusieurs projets différents sont en cours d’évaluation pour réduire davantage le recours aux GRT, dont le projet de calendrier d’autogestion.
Elle a également précisé que l’hôpital de la Cité-de-la-Santé réévaluait l’opportunité de stocker une quinzaine de civières, qui se sont ajoutées aux 49 aux urgences pendant la pandémie, pour assurer une distanciation sécuritaire.
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