Le président français Emmanuel Macron au Parlement européen, en compagnie de Roberta Metsola, présidente de l’Institution, lors de la Conférence sur l’avenir de l’Europe, le 9 mai 2022, à Strasbourg. JEAN-FRANCOIS BADIAS / AP
Une courte phrase d’Emmanuel Macron a ravivé les interrogations sur la position des autorités françaises dans la guerre déclenchée par le Kremlin en Ukraine. “Il ne faut pas humilier la Russie pour que le jour où les combats cessent, on puisse construire une sortie par la voie diplomatique”, a confirmé le chef de l’Etat dans un entretien à plusieurs quotidiens régionaux et publié samedi 4 juin dès le début de l’invasion : « Je suis convaincu que le rôle de la France est d’être une force médiatrice. Trois semaines après des propos similaires tenus au Parlement européen à Strasbourg le 9 mai, la volonté d’épargner Moscou pour préparer d’éventuelles discussions a suscité de nombreux commentaires désapprobateurs.
Les dirigeants ukrainiens ont été les premiers à réagir sur un ton vif. “Les appels à éviter d’humilier la Russie ne peuvent qu’humilier la France. (…) Nous ferions tous mieux de nous concentrer sur la manière de remettre la Russie à sa place », a déclaré le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kuleba. A Kyiv, il est difficile d’accepter le souci d’Emmanuel Macron de transiger avec la Russie de Vladimir Poutine, considérée comme un criminel de guerre après plus de cent jours de combats et d’atrocités, ainsi que les appels à un cessez-le-feu précipité, pouvant s’accompagner d’éventuelles concessions territoriales. – ce que, pourtant, M. Macron n’a jamais prôné. Le chef du Kremlin n’est plus considéré comme un interlocuteur fiable par les autorités ukrainiennes, mais comme un ennemi contre lequel il doit se battre, même en cas de défaite. “Les dirigeants russes et Poutine personnellement humilient la Russie”, a déclaré le président du Parlement ukrainien Ruslan Stefanchuk à BFM lors de son passage à Paris lundi.
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je doute de ses intentions
Les doutes sur les intentions d’Emmanuel Macron sont d’autant plus forts côté ukrainien que Kyiv s’emploie à devenir candidate à l’Union européenne (UE) et attend un soutien clair en ce sens de la France jusqu’à la fin de sa présidence tournante du Conseil de l’Union. Fin juin. Avant d’être rassuré par l’Elysée, le président Vladimir Zelensky n’avait plus apprécié la proposition d’établir une “communauté politique” avec les pays aspirant à rejoindre l’UE pour les sécuriser dans les Vingt-Sept sans se précipiter pour l’élargir.
Des réactions sont également venues d’autres capitales européennes. “Le président français cherche toujours des moyens de sauver l’humiliation du criminel de guerre Poutine. Que dirait-il à cette petite fille en Ukraine ? Le président de la commission des affaires étrangères du Parlement estonien, Marko Mihkelson, a demandé sur sa page Facebook une photo de soutien à un enfant amputé d’une jambe sur un lit d’hôpital. Cet élu de la mer Baltique interroge rapidement les autorités françaises et allemandes, qui cherchent à préserver les chances d’une solution diplomatique au conflit en cours pour assurer la sécurité à long terme de l’Ukraine et du continent. Pour lui, la meilleure façon d’aider l’Ukraine, au contraire, est de la doter d’armes suffisamment lourdes pour repousser la Russie, voire la vaincre. Il n’épargne pas la tête du Kremlin.
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