Moins de six heures après avoir été libéré par un juge dans l’attente d’une décision dans son dossier, l’homme d’affaires Tony Acurso a quitté mardi la prison de Sainte-Anne-des-Plaines après un très court séjour derrière les barreaux.
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Antonio “Tony” Accurso portait encore son gilet bleu de prisonnier lorsqu’un proche est venu le chercher à l’entrée de la prison, vers 15 heures, dans une Audi rutilante.
L’homme de 70 ans ne restera donc pas longtemps en prison. Il devait se rendre aux autorités il y a à peine une semaine après avoir été congédié par la Cour d’appel du Québec.
Photo de Martin Alari
Tony Acurso a tenté de se cacher avec un homme qui est venu le chercher mardi après-midi à la prison de Sainte-Anne-des-Plaines lorsqu’il a vu notre photographe.
La Cour suprême de la province a confirmé ses verdicts de culpabilité par un jury en juin 2018, ainsi qu’une peine de quatre ans.
Il a été arrêté en mai 2013 après avoir mis au jour un système de collusion et de corruption dans la ville de Laval entre 1996 et 2010, sous l’ancien maire Gilles Vailancourt.
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Dernière chance
Cette fois, Accurso tente de se justifier en dernier ressort en contestant cette décision devant la Cour suprême. Et l’enfant de sept ans a réclamé sa libération en attendant que la plus haute cour du pays décide de son sort, ce que lui a accordé mardi matin la juge Manon Savard.
L’entrepreneur décédé a déposé tous les mêmes moyens d’appel auprès de la Cour suprême. Une décision qui “peut surprendre”, a noté le magistrat.
“A mon avis, une telle approche, si large, affaiblit le sérieux du recours proposé à la Cour suprême. Mais cela dit, les motifs d’appel me paraissent toujours valables », a-t-elle ajouté.
Le juge Savard a précisé qu’il n’avait aucune raison de croire qu’Accurso ne respecterait pas ses conditions de libération.
“Il a aujourd’hui 70 ans, a toujours la même résidence et est resté en liberté durant toutes les procédures judiciaires engagées en 2013, sans jamais remplir ses obligations”, écrit-elle.
Photo de Martin Alari
M. Accurso quelques secondes avant de voir le représentant du magazine.
Accurso doit respecter plusieurs conditions, dont ne pas communiquer avec une cinquantaine de personnes, dont la plupart ont été témoins du procès à son encontre ainsi que des complices.
L’ancien maire de Laval, Gilles Vaiancourt, arrive en tête de liste.
N’a pas gagné
C’est loin d’être une conclusion préconçue pour Accurso devant la Cour suprême, car sa demande doit d’abord être accueillie pour lui permettre de plaider son appel.
Et la plus haute autorité du pays en accepte environ 80 sur les 600 reçues chaque année, peut-on lire sur son site internet. Les affaires examinées doivent être d’intérêt national ou de nouvelles questions juridiques.
La saga judiciaire en plusieurs dates clés
9 mai 2013
Accurso a été arrêté puis accusé de son rôle dans le système de collusion et de corruption à Laval, qui sera éventuellement décrit devant les tribunaux comme l’un des pires exemples de corruption municipale au Canada.
17 novembre 2017
Le premier procès a été ajourné après que le juré ait informé le juge qu’il avait peut-être été infecté par les propos tenus par son oncle dans l’affaire.
6 février 2018
Accurso a raison d’aider l’ancien maire de Mascouche, Richard Marcotte, à commettre un abus de confiance.
5 juillet 2018
Il a été condamné à quatre ans de prison pour, entre autres, corruption, abus de confiance, escroquerie et association de malfaiteurs à l’issue d’un second procès. Quelques jours plus tard, l’homme d’affaires a été libéré après avoir déposé son dossier devant la cour d’appel.
26 mai 2022
La cour suprême provinciale a rejeté les appels contre les peines et les peines. Accurso a donc dû se rendre en prison avant le 1er juin. La veille de son incarcération, il a déposé un avis d’autorisation d’appel devant la Cour suprême.
7 juin 2022
Il a été libéré de prison après y avoir passé moins d’une semaine pendant que la plus haute juridiction du pays traitait son cas.
Portrait d’un homme d’affaires
- Né à Montréal.
- Il a transformé l’entreprise familiale en un empire.
- Ses cabinets, Simard-Beaudry et Louisbourg, ont été reconnus coupables d’évasion fiscale de 4 millions de dollars en 2010 à la suite d’une enquête de Revenu Canada.
- Arrêté par l’Unité permanente anti-corruption en 2012 (Mascouche) et en 2013 (Laval).
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