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Nous expliquons pourquoi Ferrari (et d’autres marques de luxe) peuvent continuer à vendre des voitures thermiques après 2035.

La marque de voitures de luxe Ferrari pourra-t-elle continuer à vendre des voitures thermiques après 2035 ? La question a divisé le Parlement européen mercredi 8 juin lors d’un vote pour interdire la vente de voitures neuves à moteur essence, diesel ou hybride jusqu’en 2035. Si cette règle générale a été adoptée (de près) par les eurodéputés, un amendement laisse la porte ouverte pour les exceptions.

Il s’agit de l’amendement dit Ferrari (document PDF), qui stipule que les exigences de réduction des émissions pour tous les constructeurs présents sur le marché de l’Union européenne doivent être harmonisées, à l’exception des constructeurs représentant plus de moins de 1000 véhicules neufs immatriculés au cours d’une année civile. “. Des demandes d’exemption peuvent également être introduites jusqu’au 1er janvier 2036 pour les ” constructeurs représentant entre 1 000 et 10 000 voitures nouvellement immatriculées au cours d’une année civile “.

En particulier, les constructeurs de niche, qui produisent relativement peu de véhicules par an, pourraient continuer à produire des voitures à essence, diesel ou hybrides sans contraintes de temps. Cela peut être le cas pour des marques de luxe telles que Bugatti. De leur côté, les constructeurs produisant entre 1 000 et 10 000 voitures par an ne seront pas soumis à une réduction progressive des ventes de véhicules thermiques en 2030 puis à une interdiction totale de la vente de ces moteurs en 2035. En revanche, ces constructeurs, telles que Ferrari ou Lamborghini, doivent s’y conformer un an plus tard, le 1er janvier 2036.

Derrière cet amendement se cache notamment le lobbying des eurodéputés italiens soucieux de protéger les fleurons transalpins de l’automobile. Dès septembre 2021, le gouvernement italien a insisté dans ce sens auprès de la Commission européenne. “Ces voitures nécessitent une technologie très spécifique et des batteries performantes pour effectuer cette transition”, a déclaré à Bloomberg le ministre de la Transition écologique, Roberto Chingolani, ancien membre non exécutif du conseil d’administration de Ferrari.

Enfin, l’amendement de Ferrari a été adopté mercredi par les votes des eurodéputés d’extrême droite, de droite et de certains centre droit et socialistes. De quoi faire réagir la gauche et l’opposition écologiste. “C’est un symbole d’injustice sociale et climatique”, a déclaré Marie Toussaint, eurodéputée Verte, à franceinfo.

Cependant, ce règlement n’a pas encore été adopté. La prochaine étape se jouera devant le Conseil des ministres de l’Union européenne. Les eurodéputés doivent encore négocier avec les États membres pour parvenir à un accord. “La balle est dans le camp du gouvernement français, a déclaré à franceinfo l’eurodéputée Karima Delhi. J’appelle la France à rectifier la situation pour que cette législation soit plus dure.” Les fabricants de luxe n’ont pas encore gagné leur affrontement avec l’Europe.