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L’AIEA a condamné le “coup fatal” de Téhéran

Rafael Grossi, directeur général de l’AIEA, le 17 décembre 2021 à Vienne. ALEX FROID / AFP

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a condamné jeudi 9 juin la décision de l’Iran de retirer 27 caméras de surveillance de ses activités nucléaires, craignant que ces mesures ne portent un “coup fatal” aux pourparlers nucléaires iraniens à Vienne. L’Iran a informé l’AIEA mercredi en réponse à une résolution critiquant Téhéran. “Cette mesure” pose naturellement un sérieux défi à notre capacité à continuer à travailler là-bas”, a déclaré le directeur général de l’ONU, Rafael Grossi, lors d’une conférence de presse à Vienne. L’AIEA surveille et surveille la mise en œuvre des engagements de l’Iran dans le cadre de l’accord nucléaire de Vienne de 2015 avec les grandes puissances.

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Des négociations ont débuté dans la capitale autrichienne il y a un an pour tenter de réintégrer les Etats-Unis dans le pacte, dénoncé en 2018 par l’ancien président américain Donald Trump, et ramener l’Iran au plein respect de ses engagements internationaux sur son programme nucléaire.

Berlin, Londres et Paris ont appelé jeudi soir l’Iran à “mettre fin à l’escalade nucléaire” et à “accepter maintenant de toute urgence l’accord sur la table” en mars, selon un communiqué commun. “Nous condamnons la décision de Téhéran”, ont déclaré les trois parties dans un document envoyé par le ministère allemand des Affaires étrangères. “Cela aggrave la situation et complique nos efforts pour nous remettre complètement” de l’accord de 2015.

“provocation”

Washington s’est également dit préoccupé par les “provocations” de Téhéran, le secrétaire d’Etat américain Anthony Blinken mettant en garde contre une “crise nucléaire profonde” et “un isolement économique et politique accru de l’Iran”. Téhéran a annoncé mercredi avoir éteint certaines caméras, sans en préciser le nombre, juste avant que le conseil des gouverneurs de l’AIEA ne vote une résolution appelant formellement l’Iran à ordonner un manque de coopération.

Le problème est l’absence de réponses “techniquement valables” de l’Iran aux traces d’uranium enrichi précédemment trouvées sur trois sites que Téhéran n’a pas déclarés héberger des activités nucléaires. Condamnant ce texte, présenté par les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, l’Iran a condamné le geste “politique” et “non constructif”.

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L’adoption du texte “ne fera qu’affaiblir le processus de coopération” avec l’AIEA, a averti le ministère iranien des Affaires étrangères. Le porte-parole Said Hatibzadeh a défendu le “programme nucléaire pacifique” de son pays, “le plus transparent au monde”.

Outre la désactivation des caméras, l’Iran a informé l’AIEA de l’installation de deux nouvelles cascades de centrifugeuses modernes sur le site de Natanz (au centre du pays), renforçant ainsi significativement sa capacité d’enrichissement d’uranium. L’AIEA peut continuer les inspections et il y a encore 40 caméras en place, mais cette mesure de Téhéran conduit à “moins de transparence, plus de doute”, a expliqué M. Grossi. Il a appelé l’Iran à reprendre le dialogue une fois que “l’émotion se sera apaisée”.

“Nous n’abandonnerons pas”

Jusqu’à présent, l’Iran a pris soin d’éviter une confrontation avec l’AIEA, mais cette fois le président ultra-conservateur Ebrahim Raisi a fait preuve de dureté. “Nous ne reculerons pas”, a-t-il déclaré, selon l’agence de presse officielle IRNA. Si le blocus se poursuit, “dans trois ou quatre semaines”, l’AIEA ne sera plus en mesure de fournir les informations nécessaires à la surveillance du programme nucléaire iranien, a déclaré M. Grossi.

Il a déclaré que cela “porterait un coup fatal” à l’accord de 2015, qui appelle à une réduction des activités nucléaires de l’Iran en échange d’un assouplissement des sanctions internationales qui meurent après le retrait de Téhéran en 2018. Un an plus tard, l’Iran a commencé à revenir sur ses engagements, prenant des mesures sans précédent au fil des mois, tout en niant vouloir la bombe atomique.

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Le monde avec l’AFP