L’avocat général Camille Hennett devant le Tribunal spécial de Paris, le 8 juin 2022. IVAN BRUN POUR LE MONDE
Six ans et demi après la nuit d’horreur qui a fait cent trente morts à Paris et Saint-Denis vendredi 10 juin, le parquet national antiterroriste a requis des peines allant de cinq ans de prison à la perpétuité minimale. de prison (PNAT) contre 20 prévenus, jugés depuis septembre à Paris, lors du procès des attentats du 13 novembre.
Le procureur a requis la réclusion à perpétuité assortie d’une période de sûreté indestructible contre Salah Abdeslam, le seul membre survivant des commandos. Cette phrase extrêmement rare, qui rend la possibilité de corriger la peine très réduite, a été demandée “au vu du poids énorme des faits”, qui sont imputés au Français de 32 ans.
A l’audience, “malgré ses propos, malgré ses larmes, Salah Abdeslam est resté fidèle à son idéologie jusqu’au bout” et n’a jamais exprimé “le moindre remords”, a déclaré l’avocate en chef Camille Hennett. “Salah Abdeslam a présenté une version tardive, après six ans de silence, en complète contradiction sur de nombreux points. Il a choisi son moment. Il a aussi choisi ses questions”, a déclaré le magistrat, condamnant le “jeu du fou”.
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“Convoi de la mort”
Contre Mohamed Abrini, “le deuxième rescapé du convoi de la mort” qui a démissionné le 13 novembre au soir et est rentré en Belgique, le parquet a requis une peine de vingt-deux ans à perpétuité, pendant laquelle il ne pourra pas bénéficier de chaque version. “Aucun élément ne permet de prédire une évolution future favorable” de Mohamed Abrini, a précisé le magistrat.
Le procureur a également requis la réclusion à perpétuité assortie de 30 ans de prison contre le Suédois Oussama Krayem et le Tunisien Sofien Ayari, “membres de haut rang” d’une cellule djihadiste soupçonnés d’avoir voulu attaquer l’aéroport d’Amsterdam le 13 novembre 2015. “Il est impossible d’interpréter le silence d’Oussama Krayem et de Sofia Ayari, sauf par mépris de votre cour, surtout de la part de deux hommes dans le box qui sont ceux qui connaissent le mieux la cellule », a déclaré un représentant du PNAT.
Vingt-deux ans de prison ont également été requis contre le « logisticien » Mohamed Bakali, le « roi de la cellule », selon le PNAT.
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L’Algérienne Adele Hadadi et le Pakistanais Mohammed Usman, qui n’ont pas réussi à rejoindre l’Europe à temps pour participer aux attentats après les agents mécontents, ont requis une peine de 20 ans de prison avec une période de sécurité des deux tiers. “Ils étaient censés faire partie des commandos le 13 novembre. C’était leur mission, ils l’ont acceptée », a déclaré Mme Hennetier.
Les “petites mains” de la cellule terroriste
Selon Hennetier, Abdellah Chouaa, Hamza Attou et Ali Oulkadi, les trois « prévenus » qui se sont présentés libres d’être entendus, les « petites mains » de la cellule terroriste, le parquet a requis des peines de cinq à six ans de prison avec un « dépôt de garantie ». mandat”. pour MM. Chua et Atu. “Il faut souligner l’attitude irréprochable de MM. Chouaa, Attou et Oulkadi comparaissent à l’audience. Gratuits, ils apparaissaient tous les jours. Et cela n’a sans doute pas été sans impact financier du fait de leur séjour en Belgique”, a reconnu le magistrat.
Cependant, elle a ajouté que “la peine maximale pour avoir dissimulé un terroriste doit être prononcée contre Hamza Atu”. Quant à Ali Ulqadi, il est “le dernier à avoir vu Salah Abdeslam au lendemain des attentats et il n’a rien dit”. “Abdela Chuaa ne pouvait en aucun cas ignorer l’état d’esprit de son ami Mohamed Abrini et son attitude n’est pas une garantie d’interrogatoire et de sensibilisation”, a déclaré le porte-parole du parquet.
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Le PNAT a également exigé une interdiction du territoire national pendant dix ans ou un jugement définitif contre tous les prévenus, à l’exception de ceux de nationalité française, dont Salah Abdeslam.
Le tribunal spécialisé, composé uniquement de magistrats professionnels, n’est pas tenu de se plier aux exigences du ministère public. La parole sera donnée à la défense à partir de lundi et pour deux semaines. Le verdict est attendu le 29 juin.
Processus d’attaque du 13 novembre 2015 : ce que vous devez savoir
Pour bien comprendre les enjeux du processus entamé le 8 septembre à Paris, voici quelques articles à consulter :
Le monde avec l’AFP
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