Emmanuel Macron a été vivement interpellé lors d’un déplacement à Gaiac (Tarn) jeudi 9 juin, sur le thème de la sécurité rurale, par une jeune femme pour deux ministres accusés de viol. “Vous mettez à la tête de l’Etat des hommes qui sont accusés de viols et de violences faites aux femmes, pourquoi ?” l’a lancé lors de la marche du président.
La libération de la parole, “Je l’accompagne et continuerai de l’accompagner, de le défendre. En même temps, pour fonctionner dans la société, il faut avoir la présomption d’innocence”, a-t-il répondu. . Les cris de “menteur!” et “tu es dégoûtant!” puis ça a sonné. Imperturbable, le chef de l’Etat a continué à se serrer la main.
L’affaire n’est pas terminée. Selon La Dépêche, une jeune femme de 18 ans prénommée Laura a reçu la visite de gendarmes le lendemain au lycée. «J’ai été interrogé pendant dix minutes. J’ai tenu la main du président jusqu’à ce qu’il me réponde.
En marge de sa conversation avec le chef de l’Etat, Laura a confié avoir été victime de violences sexuelles dans le RER il y a quatre ans, sans porter plainte. Interrogé par Le Parisien, le commandant de la gendarmerie de Gaillac a assuré que c’était ce dernier élément qui avait motivé la visite de la police au lycée : « Nous étions inquiets que [la jeune femme] il a peut être été victime [d’agression sexuelle] et qu’il ne peut porter plainte. »
“On m’a demandé si je voulais porter plainte, mais ça a été très court”, a confirmé Laura au quotidien Ile de France. L’élève du secondaire a partagé qu’elle estimait que cette visite était “ambiguë” et constituait davantage une “menace” pour elle. Elle et ses parents ont contacté un avocat et réfléchissent aux mesures à prendre dans cette affaire.
Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, a fait l’objet d’une plainte pour viol, d’abord classée sans suite, puis rouverte, pour laquelle les procureurs ont exigé la fin de l’affaire début 2022. Entre-temps, le nouveau secrétaire à Solidarité Damien Abad a été inculpé d’agression sexuelle après une lettre de l’Observatoire des violences sexistes et sexuelles, association créée en février à la suite du mouvement MeToo. Dans cette affaire, le parquet de Paris n’a pas ouvert d’enquête préliminaire “comme c’est actuellement le cas” faute d'”éléments permettant d’identifier la victime des faits exposés”.
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