France

la perspective de devenir un groupement gouvernemental d’appui aux cuveries en LR

Christian Jacob, président du parti Les Républicains, sur le plateau de France Télévisions, le 12 juin 2022, lors de la soirée électorale du premier tour des législatives. BRUNO LEVI / DIVERGENCE POUR LE “MONDE”

Les lendemains des élections se succèdent et se ressemblent au sein du parti Les Républicains (LR). Une sorte de rituel de ballet exécuté au millimètre près par des chefs qui connaissent tous les gestes à la perfection. Déjà habitué aux défaites nationales, le parti compte d’abord ses soldats tombés, se réjouit d’avoir sauvé plus que prévu, et se rassemble pour tenter – en vain – d’étouffer d’innombrables divisions en avant.

Le lundi 13 juin, au lendemain du premier tour des élections législatives, n’a pas fait exception. D’abord parce que le parti, qui n’est plus que l’ombre de lui-même, a certes essuyé une défaite historique (11,30 % des suffrages) – son sort dans quelques années – mais a sauvé nombre de meubles compte tenu de l’issue désastreuse de la présidentielle (4,78 % pour sa candidate Valérie Pecres). Et s’ils ne sont que 73 au second tour, selon les estimations de LR, contre plus de 200 en 2017, les candidats qui restent en poste ont plus de chances de résister que lors du vote précédent. Ainsi, la droite espère sauver ses chiffres et conserver un groupe d’une soixantaine de députés.

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Ensuite, parce que, comme à son habitude, le parti a réuni son conseil stratégique pour discuter des prochaines étapes et de la direction à prendre. Encore une fois, cependant, la formation de droite risque de se disloquer, sous couvert d’unité de front. Ainsi, avec un groupe potentiellement plus important que prévu et surtout une hypothétique majorité relative pour Macroni, le LR pourrait, malgré sa décroissance, avoir un rôle central inattendu dans la prochaine législature.

“Corrigez les textes”

Au sein du parti, on imagine volontiers un gouvernement obligé de négocier pas à pas avec lui pour faire voter ses textes. La possibilité, a expliqué lundi Christian Jacob, président de LR, en marge du Conseil stratégique, était d’être “une opposition résolue mais utile”. “Macron devra écouter et ne dirigera plus seul”, imagine l’ancien député de Séné et Marne. Qui précise que la droite peut devenir une “force de proposition”, capable de “corriger les textes, de les faire bouger” et de “réformer l’Etat”.

Cependant, une vision qui risque de ne pas plaire à tout le monde. Officiellement, les membres du comité stratégique présents lundi, à l’exception du vice-président déchu en Saône-et-Loire, Gilles Platre, ont donné leur accord. Cependant, il manquait un certain nombre qui ne pouvaient pas s’exprimer ou exprimer leur opinion. Parmi les absents figurent le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Vokies, ou son adjoint sortant, qualifié pour le second tour dans les Alpes-Maritimes, Eric Siotti. Déterminés à jouer un rôle important dans l’avenir de leur parti, ces deux derniers risquent de ne pas accepter que le groupe parlementaire à l’Assemblée nationale vote quoi que ce soit avec Emmanuel Macron.

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