Chaque jour au Québec, de plus en plus d’enfants et d’adolescents souffrent de troubles anxieux ou de grandes difficultés d’adaptation.
Posté à 23h35
Caroline Dozen Presse
C’est le constat alarmant des Directeurs de la protection de la jeunesse (DPJ) dans leur 19e rapport annuel présenté ce mardi à Montréal.
Cette année aussi, la DPJ a connu une augmentation « significative » du nombre de signalements.
Au total, la DPJ à l’échelle du Québec a traité 132 632 signalements en 2021-2022, contre 117 904 l’an dernier. Cela représente une augmentation de 12,5 %.
Photo par Olivier Jean, PRESSE
Asunta Gallo, directrice de la protection de la jeunesse au Centre CIUSSS-Sud-de-l’Île-de-Montéal
C’est une moyenne de 363 situations d’enfants signalées par jour au Québec, soit 40 de plus par jour que l’an dernier. “Ils sont en difficulté. Ils sont vraiment dans la peine », a déclaré DPJ au CIUSSS du Centre-Sud-l’Île-de-Monreal Assunta Gallo lors de la présentation du rapport.
Dans cette optique, les DPJ ont enregistré une baisse des bénéfices non répartis de 2,3 % par rapport à l’année précédente.
“Ce n’était pas facile” pour les enfants et les adolescents pendant la pandémie, a ajouté Mme Gallo de la DPJ de Montréal. Ce dernier explique l’augmentation des signalements par le fait que la population est “bienveillante”. Les Québécois sont inquiets pour leurs enfants et de la même manière n’hésitent pas à les signaler s’ils constatent des situations alarmantes, a-t-elle dit.
S’il y a moins de signalements conservés, c’est parce que les « premiers » services du réseau de la santé et des organismes publics jouent leur rôle et offrent un filet de sécurité aux enfants qui font l’objet d’un signalement, a expliqué Mme Gallo. En d’autres termes, ce ne sont pas les enfants qui ont besoin de protection, mais bien d’autres services. Ainsi, ils sont redirigés vers les ressources appropriées.
Ainsi, la DPJ de Montréal (services à l’enfance francophone) a reçu 12 967 signalements, une augmentation de 8,22 % par rapport à l’an dernier. Les Batshaw (services pour les enfants anglophones de la métropole) ont reçu 4 645 signalements, une augmentation de 16,39 %.
Malgré cette baisse des dossiers enregistrés, les listes d’attente s’allongent, a déclaré Mme Gallo; une augmentation qui s’explique par le manque de personnel affectant le réseau de la santé. Il y a présentement 463 enfants à Montréal en attente d’évaluation (services en français). Un chiffre que le DPJ de Montréal qualifie d’« important » et d’« alarmant ». Chez les anglophones (Batshaw), il y a encore plus d’enfants qui attendent actuellement d’être évalués, c’est-à-dire. 560.
Au CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Monreal, il manque présentement 19 travailleurs pour effectuer les évaluations des rapports. Son équipe compte généralement 101 travailleurs. Pour le moment, ils sont pourtant 82. “Nous travaillons pour être plus attractifs [comme milieu de travail] “, Entre autres, proposer une semaine de travail de quatre jours”, a précisé Mme Gallo.
Au CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montéal – auquel Batshow est rattaché – la pénurie de main-d’œuvre est encore plus flagrante. L’équipe chargée d’évaluer les signalements ne compte plus que 12 personnes, alors qu’il devrait y en avoir 39. La question du recrutement de personnel bilingue complique la tâche, nous dit le CIUSSS.
Les urgences qui correspondent au code 1 (enfant vu le jour même) et au code 2 (enfant vu le lendemain au plus tard) sont traitées rapidement, mais les deux CIUSSS de Montréal assurent.
Une augmentation est également observée à Monterey
À Monterey, le nombre de signalements traités a également augmenté. On parle d’une augmentation de 3 000 signalements par rapport à l’exercice 2020-2021, pour un total de 20 837 cette année. On note également une baisse des signalements sauvegardés (415 signalements sont sauvegardés de moins que l’an dernier).
Avec Pierre-André Normanden.
En savoir plus
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Au Québec, le temps d’attente moyen pour recevoir une note du DPJ est de 38 jours; bien au-dessus du but du 21. Montréal a eu la pire performance avec un retard moyen de 67 jours. A l’inverse, Laval est un exemple avec un retard moyen de 15 jours.
Ministère de la Santé et des Services sociaux
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