Ainsi, Radio-Canada devra payer 60 000 $ de dommages et intérêts au promoteur immobilier Lee Lali, qui a gagné sa cause devant la Cour d’appel du Québec en octobre 2021, après la première décision rendue contre lui en Cour suprême du Québec. 10 septembre 2018.
En 2021, le juge Jocelyn Rankour de la Cour d’appel du Québec a souscrit aux arguments de M. Lali, estimant que le reportage intitulé Terrain miné par la mafia, diffusé le 7 mars 2013, le reliait faussement à la mafia, contenait des inexactitudes et violait les normes journalistiques. .
Je suis d’avis que le juge [de la Cour supérieure du Québec] il a commis une erreur en ignorant les principes applicables à la diffamation lorsque l’auteur des propos litigieux est un journaliste, écrit-il dans sa décision.
Bref, le juge Rancourt a souligné que l’erreur la plus grave commise par le journaliste et la Société Radio-Canada réside dans la vision déformée de la réalité résultant de l’impression générale du reportage d’Enquête et de ses présentations sur les autres plateformes de diffusion.
Dans le reportage, le journaliste Alain Gravel s’intéresse aux transactions immobilières autour des terrains acquis par M. Lali en 2003 puis revendus. Il se penche également sur les liens du constructeur immobilier avec des personnalités mafieuses bien connues et les bénéfices qu’ils lui permettraient de réaliser.
Dans un communiqué jeudi, Radio-Canada s’est dite déçue que la Cour suprême ait refusé de se pencher sur cette question, d’une grande importance pour la pratique du journalisme d’investigation.
Le journalisme d’enquête est d’abord d’intérêt public, et sa pratique est essentielle dans une société démocratique, a déclaré Luc Julien, directeur général de l’information à Radio-Canada.
Le travail de nos équipes dévouées soulève des questions importantes. C’est au cœur de notre mandat et de notre mission d’informer. C’est pourquoi nous poursuivrons cette mission avec la rigueur qui nous caractérise et avec le même professionnalisme, a-t-elle ajouté.
Chaque année, environ 600 demandes d’autorisation sont déposées auprès de la Cour suprême, mais seulement 80 environ sont entendues par la plus haute juridiction du pays.
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