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Selon Vladimir Poutine, les sanctions “seront certainement surmontées”


La vente de la médaille du prix Nobel de la paix a permis de récolter plus de 100 millions de dollars pour les enfants ukrainiens

Dmitry Muratov, rédacteur en chef du journal d’investigation russe indépendant Novaya Gazeta, a vendu lundi sa médaille du prix Nobel de la paix pour 103,5 millions de dollars (98 millions d’euros) aux enchères à des enfants déplacés du conflit en Ukraine.

M. Muratov a remporté le prestigieux prix en 2021, avec la journaliste philippine Maria Resa, et le comité les a honorés “pour leurs efforts pour préserver la liberté d’expression”. Il l’avait dédié à son journal Novaïa Gazeta et à ses collaborateurs, “morts en défendant le droit des peuples à la liberté d’expression”.

La vente, qui s’est déroulée à New York, a été très animée, soulignée par de nombreux applaudissements et encouragée par les enchérisseurs, qui s’encourageaient mutuellement pour stimuler les ventes. M. Muratov a enregistré des vidéos de l’écran de la vente aux enchères et de l’atmosphère de la salle.

Le prix Nobel de la paix Dmitry Muratov, rédacteur en chef du journal russe Novaya Gazeta, a suivi les enchères lors de la vente de sa médaille le 20 juin 2022 à New York. MICHAEL M. SANTIAGO / AFP

Le produit de la vente, gagné par téléphone par un participant anonyme, sera reversé au programme de l’UNICEF pour les enfants ukrainiens déplacés par la guerre, selon Heritage Auctions, qui est responsable de la vente.

Connu notamment pour ses enquêtes sur la corruption et les violations des droits de l’homme en Tchétchénie, Novaya Gazeta est devenu cette année le dernier grand journal à critiquer le président Vladimir Poutine et ses tactiques à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Fin mars, Novaya Gazeta a annoncé qu’elle suspendrait ses publications en ligne et imprimées en Russie jusqu’à la fin de son intervention en Ukraine, le Kremlin étant pleinement durci contre les voix discordantes.

Le journal a déjà payé un lourd tribut à son engagement : six de ses journalistes ou collaborateurs ont été tués depuis les années 1990, dont la célèbre journaliste Anna Politkovskaïa, connue pour ses critiques de la guerre sanglante du Kremlin en Tchétchénie le 7 octobre 2006. Les auteurs de ce crime n’ont jamais été identifiés.