Par Claire Conwright
Publié il y a 1 heure, mis à jour il y a 55 minutes
Emmanuel Macron. LUDOVIC MARIN / AFP
C’est ce qu’a annoncé le chef de l’Etat lors de son allocution d’hier soir.
La punition est sévère. Plus d’un mois après sa réélection, Emmanuel Macron n’a pas obtenu la majorité absolue à l’Assemblée nationale. Ce qui inquiète l’exécutif, qui pouvait auparavant compter sur ses nombreux élus pour accepter ses textes. Invité de TF1 le soir des résultats, le ministre des Relations parlementaires Olivier Veran l’a pourtant assuré : “Nous allons construire très vite une majorité pour qu’elle devienne absolue.”
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Un message répété par Emmanuel Macron lui-même lors de son allocution à l’Elysée mercredi soir. Le chef de l’Etat a demandé des comptes à l’opposition et confirmé qu’il manquait “30 députés sur 577” pour que le camp présidentiel puisse devenir une réelle majorité. Mais la marche est-elle vraiment si abordable ?
Les chiffres cités par le chef de l’Etat interrogent. Et avec raison. Si l’on regarde les résultats dans le détail, la répartition est claire : 248 candidats d’Ensemble ! ont été élus dimanche soir. Parmi eux, 171 sont de Renaissance (ex-LREM), 48 du Modem et 29 du parti d’Edouard Philippe, Horizons. La majorité absolue est de 289 sièges. Le calcul est donc simple : il manque actuellement à Emmanuel Macron au moins 41 parlementaires.
Alors, une erreur technique ou un message caché ? Le chef de l’Etat a-t-il déjà réussi à faire sortir certains élus ? Dur à dire. A ce stade, il n’y a pas de rassemblement formalisé et les partis sont plus enclins à revendiquer leur statut d’opposants en position de force. “Nous avons fait campagne dans l’opposition, nous sommes dans l’opposition et nous resterons dans l’opposition”, a déclaré le président républicain Jacob. Il y a encore moins de marge de manœuvre à gauche, et l’alliance Nupes n’entend pas suivre l’appel d’Emmanuel Macron au « dépassement ». “Nous ne pouvons pas répondre à cette fausse invitation”, a déclaré Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste.
Chaque groupe a jusqu’au 28 juin, à 18 heures, pour remettre au secrétariat général de la présidence la liste de chacun de ses membres et suppléants associés. D’ici là, les négociations entre les différents groupes, si elles existent, seront davantage dans l’ombre. Ce qui est certain, c’est que les parlementaires les plus modérés, comme le centre-droit ou le centre-gauche, sont dans le viseur de l’exécutif, qui y voit des alliés potentiels.
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