France

quatre questions sur la proposition de la majorité d’inscrire l’avortement dans la Constitution

“Malheureusement, rien n’est impossible.” Quelques heures après la décision historique de la Cour suprême des États-Unis d’abroger le droit constitutionnel à l’avortement, le Groupe Renaissance (ex-LREM) a annoncé, samedi 25 juin, le dépôt d’un projet de loi pour inscrire le droit à l’avortement dans le marbre de la constitution française. . Aurore Berge, la toute nouvelle présidente du groupe à l’Assemblée nationale, préfère mettre en garde : ce qui s’est passé outre-Atlantique “appelle à ce que des mesures soient prises en France pour qu’on n’ait pas les rebondissements de demain qui peuvent exister”. Franceinfo a répondu à quatre questions sur cette initiative parlementaire.

1 D’où vient ce compte ?

Matild Pano a été le premier à présenter l’idée. Dans un tweet posté vendredi soir à 18h30, la cheffe de file des députés La France insoumise (LFI) a écrit qu’elle proposerait lundi à l’alliance de gauche (Nupes) « de déposer un projet de loi pour inscrire le droit à l’avortement en France ». Constitution.

La tragédie outre-Atlantique nous oblige.

Pour prévenir toute entrave au droit fondamental à l’IVG en France, je propose lundi à la NUPES de déposer un projet de loi pour l’inscrire dans la Constitution.

— Matilde Panot (@MathildePanot) 24 juin 2022

Mais samedi matin, Matild Panot a été dépassée par le groupe Renaissance à l’Assemblée nationale. Ainsi, Aurore Berge a proposé d’inscrire “le respect de l’avortement dans notre constitution” et “dès aujourd’hui”.

“Nous avons tous les deux passé la soirée au téléphone”, a déclaré à franceinfo sa compagne Marie-Pierre Ricksen. “On a voulu aller vite parce que ce qui se passe aux Etats-Unis nous oblige”, a poursuivi le député LREM de la 4e circonscription de l’Essonne. “Nous pensons que nous sommes en sécurité en France, mais ce n’est pas vrai. Il y a des forces conservatrices qui s’organisent. Avec ce projet de loi, nous voulons protéger le droit à l’avortement pour les générations futures. Les bouleversements politiques ne peuvent remettre en cause ce droit. »

Une initiative soutenue par la Première ministre Elizabeth Bourne, comme elle l’a écrit sur Twitter.

Cher @auroreberge, le gouvernement soutiendra fortement ce projet de loi. Pour toutes les femmes, pour les droits humains, nous devons graver cette réalisation dans la pierre. Le Parlement doit pouvoir s’unir très largement autour de ce texte.

— Elizabeth BORN (@Elisabeth_Borne) 25 juin 2022

2 Que contient ce texte ?

Ce texte d’une vingtaine de lignes rappelle que “ce recul insupportable” qui s’opère aux Etats-Unis “nous oblige à rappeler le caractère irremplaçable et inviolable du droit à l’avortement dans notre pays et dans le monde”. Ce projet de loi constitutionnelle stipule que “nul ne peut être privé du droit à l’interruption volontaire de grossesse”. Il est ainsi proposé “d’inscrire dans la Constitution l’impossibilité de priver une personne du droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG)”.

Aurore Berge insiste : “On ne change pas la Constitution comme on change la loi”, donc “c’est une garantie qu’on doit donner aux femmes”. L’élu d’Evelyn estime que la mesure sera “largement partagée sur les bancs de l’Assemblée nationale et du Sénat”.

La révision de la Constitution correspond à un processus spécifique. Elle peut se tenir tant à l’initiative du Président de la République qu’à l’initiative du Parlement. « Dans ce domaine, les deux assemblées parlementaires ont les mêmes compétences, ce qui implique que le projet ou la proposition de loi constitutionnelle est votée à parts égales par l’Assemblée nationale et le Sénat, peut-on lire sur le site de l’Assemblée nationale ? par référendum. , soit à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés par les deux chambres du parlement réunies en Congrès à Versailles. »

3 Est-ce la première fois qu’un tel projet de loi est présenté?

Pas exactement. En 2018, des députés de l’opposition, notamment La France insoumise, ont déjà proposé d’inscrire le droit à la contraception et à l’avortement dans la constitution française. Il s’agit de changements résultant des propositions du Conseil suprême pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Mais l’Assemblée nationale a ensuite rejeté l’initiative. “Nous n’avons pas besoin d’agiter des craintes” en France sur les défis dans les pays étrangers, a même alors répondu la co-rapporteuse Yael Brown-Pivet, désormais candidate majeure à la perche. Nicole Belube, alors garde des sceaux, a également expliqué que ce droit en France était “suffisamment garanti”.

En juillet 2019, une nouvelle initiative. Luc Carvunas, alors député et membre de la délégation de l’Assemblée nationale pour les droits des femmes, a à son tour déposé un projet de loi (que nous avons trouvé) pour inscrire le droit à l’avortement dans la Constitution. Connecté par franceinfo samedi, l’actuel maire d’Alfortville (Val de Marne) sourit : “Je vois qu’on reprend notre idée… Si les députés de la majorité le veulent, le texte est prêt, il est dans les cartons. Je ne veux pas polémiquer : si notre travail peut être utilisé maintenant, c’est très bien. »

“Je me souviens très bien. Nous avons fait coïncider cette initiative avec le premier anniversaire de la panthénisation de Simon Vale. »

Luke Carvunas, ancien député PS

à franceinfo

4Le droit à l’avortement peut-il vraiment être menacé en France ?

La présidente de la Fondation des femmes s’inquiète de savoir qui a contacté l’AFP. “Il nous suffirait d’avoir un parlement à majorité conservatrice et l’avortement pourrait être interdit”, a déclaré Anne-Cecil Meilfert. Si aujourd’hui aucune force politique ne promet de remettre en cause ce droit, certains propos peuvent jeter le doute. Lors de l’élection présidentielle de 2012, Marine Le Pen s’était notamment attiré les critiques en proposant d’abroger le remboursement des “avortements de confort”.

Dans un entretien accordé à Brut au printemps dernier, le candidat du Rassemblement national a tenté de clarifier les choses. “J’ai vu que c’était très choquant quand j’ai mentionné ce terme à l’époque, qui était un terme utilisé par un médecin, et c’était le terme” avortement confortable “”, a-t-il déclaré. Elle a répondu. En revanche, elle s’est toujours dite “contre l’allongement de la durée de l’avortement volontaire” de 12 à 14 semaines. Ce que le porte-parole du Rassemblement national Philip Ballard a déclaré à franceinfo samedi matin. “Nous sommes souverains, donc nous n’interférerons pas dans les affaires des autres”, s’est enfui le député d’Oasis. “La loi du voile [consacrant ce droit en France]on n’y touche pas.”

Le Parlement français peut-il abroger le droit à l’avortement ? “Cela peut arriver, mais la majorité devra prendre une décision dans ce sens, et j’ai de grands doutes là-dessus”, a déclaré Guenaele Calves, professeur de droit public et constitutionnel, à BFMTV. “En France, il y a des problèmes d’accès à l’IVG et des difficultés à le rendre effectif. Mais nous ne risquons pas d’abroger la loi rideau. » Selon elle, le problème est “très spécifique aux Etats-Unis”. Sauf en Pologne, dit-elle, “il est difficile d’imaginer que cela puisse se produire ailleurs en Europe”.