France

LFI, EELV, PS… Comment vont fonctionner les différents partis Nupes à l’Assemblée nationale ?

Objet politique qui n’a pas été identifié aux élections législatives, la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) cherche sa voie parlementaire. Quelques jours après le second tour, au cours duquel il a marqué plus de 130 députés à l’Assemblée nationale, l’alliance des partis de gauche tente de se structurer sous les ors du Palais Bourbon.

Liaison entre les différents groupes parlementaires, candidatures aux postes de direction à l’Assemblée nationale, vote des premiers textes législatifs… L’articulation de ces différentes forces à la chambre basse n’est pas évidente, même si les représentants des “rebelles”, socialistes , communistes et écologistes font preuve d’unité dans un paysage parlementaire inversé.

Pourtant, ce grand mécanicien politique a commencé à hoqueter lundi lorsque Jean-Luc Mélenchon a proposé à ses alliés de gauche de former un groupe commun à l’Assemblée, une idée aussitôt balayée par les trois autres composantes de la Nue. “Un intergroupe est déjà prévu”, ont déclaré à l’unisson les dirigeants d’EELV, du PS et du PCF.

Cette fameuse structure a vu le jour jeudi après-midi, lors d’une réunion d’une heure et demie, à laquelle ont participé 16 représentants des quatre composantes de la coalition. “Nous nous verrons chaque semaine”, a assuré la communiste Elsa Fosion aux journalistes à l’issue de ce premier meeting. Jeudi, autour de la table, André Chasein (PCF) était le seul président absent du groupe, contrairement à Matilde Pano (LFI), Julien Bayou et Cyril Chatelin (EELV) et Boris Valo (PS), ainsi que d’autres directeurs exécutifs du groupe. Contrat.

La #Nupes a décidé de créer un intergroupe à l’Assemblée nationale, a annoncé le président des députés La France insoumise @MathildePanot. #DirectAN cc @ NUPES_2022_ pic.twitter.com/8goeKXmedV

— LCP (@LCP) 23 juin 2022

Que feront les représentants du Nupes le mardi 29 juin et dans les semaines à venir ? Selon Matild Panot, présidente du groupe LFI, il s’agit d’un intergroupe pour “travailler ensemble entre nos quatre groupes parlementaires”, a-t-elle précisé avec Elsa Fosion.

“Cet intergroupe, poursuit l’écologiste Sophie Tyle-Polyan, sera l’occasion de dire : ‘Bon, il y a tellement de sujets importants à faire ressortir, on les répartit pour que les créneaux parlementaires se complètent, pas se concurrencent.’ de nous organiser en profondeur pour scruter les objets en vue du droit de retrait’, que chaque groupe parlementaire doit mettre en place une commission d’enquête une fois par an.

“L’intergroupe, c’est pour la coordination, c’est super important”

La députée verte Sophie Tai-Polyan

à franceinfo

En fait, l’intergroupe n’apparaît officiellement nulle part. “Personnellement, je ne m’opposerais pas à ce que ce soit officiel, avec les moyens de subsistance”, s’est défendu Aurélien Tasche du groupe écologiste auprès de franceinfo en début de semaine. Mais contrairement aux groupes parlementaires “classiques”, cette structure, similaire aux intergroupes du Parlement européen, restera informelle.

Les projets de cet intergroupe sont en tout cas nombreux, à commencer par la définition d’une position commune sur les textes que doit présenter le gouvernement en juillet. Concernant les mesures de pouvoir d’achat, y aura-t-il unanimité à gauche contre le texte ? “Au sein de cette coalition, nous nous sommes mis d’accord sur un programme de 650 mesures. Sur ces 650 mesures, 95 % sont défendues au total et 5 % pour lesquelles il y a des nuances que « nous traiterons avec le parlement. A 95% des points de l’émission, on s’engage à voter la même chose, donc on votera la même”, a déclaré le député LFI Manuel Bompar à franceinfo, vendredi 24 juin.

“Il peut y avoir des moments où les groupes Nupes ne votent pas de la même manière.

La France insoumise le député Manuel Bompard

à franceinfo

Ces divergences pourraient aussi concerner la motion de censure contre Elizabeth Bourne début juillet. Bien que le Premier ministre ne vote pas de confiance après sa déclaration de politique commune, les législateurs de la France insoumise sont “susceptibles d’être contraints” de voter la défiance en s’opposant au gouvernement. , a assuré Manuel Bompard à franceinfo vendredi.

Si E. Borne ne demande pas de vote de confiance, LFI va-t-elle proposer une motion de censure ? dites leur “je ne demanderai pas votre avis” pic.twitter.com/PlSn5e7u8q

— franceinfo (@franceinfo) 24 juin 2022

De son côté, Fabien Russell, un législateur communiste critiquant le Nupes, “ne comprend pas grand-chose à ce vote de défiance”, s’est-il défendu mardi sur RTL. D’autres députés du Nupes, comme Valérie Rabo, sont prudents. “On ne peut pas dire qu’on censure le gouvernement quand on ne sait pas ce qu’il propose”, a évacué vendredi le député socialiste sur France 2.

Le député a également confirmé qu’il briguait la présidence de la commission des finances, alors que les différents partis du Nupes sont intervenus pour ne désigner qu’un seul candidat à ce poste, à savoir le député LFI Eric Cockerel. Avant une grande réunion de tous les députés de cette union électorale, mardi après-midi, tous les violons n’étaient (encore) pas lâchés.