France

Bruno Le Mer veut limiter les dépenses publiques ? c’est pourquoi

Lundi matin, le ministre de l’Economie Bruno Le Mer a mis le “ola” et le frein à main sur les dépenses publiques en plein débat sur les aides de l’Etat à accorder aux Français en cette période d’inflation. “Tout n’est pas possible simplement parce qu’on a atteint le niveau d’inquiétude pour les finances publiques”, a prévenu le locataire de Bercy.

La grue de la dépense publique, qui irrigue bien les Français depuis deux ans de coronavirus, doit donc se tarir, malgré encore beaucoup d’aides : un bouclier tarifaire étendu, une loi sur le pouvoir d’achat à passer à l’Assemblée, un audit énergétique… De quoi ça donne des sueurs encore plus froides au ministre. Alors, faut-il vraiment se préoccuper de nos dépenses publiques ? Nous avons créé quatre graphiques très effrayants sur le sujet.

Déficit qui ne peut être résolu

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Source : Cour des comptes, 2022

Le déficit public a explosé en 2020 et 2021 avec la crise du coronavirus et la stratégie « Tout ce qu’il faut ». En 2022, le National Audit Office s’attend en février – c’est-à-dire. avant-guerre en Ukraine, hausse des prix de l’énergie, bouclier tarifaire, aides au pouvoir d’achat, hausse des APL – un déficit public de 121 milliards, soit près de 50 milliards de plus qu’en 2019, une année de déficit “presque normal”, juge Stephanie Wheelers, spécialiste des macroéconomie. Cette prévision pour 2022 est déjà fausse, a-t-elle ajouté, et le déficit doit être beaucoup plus élevé avec toutes les dépenses publiques supplémentaires. Même si le déficit a augmenté de 250 milliards en deux ans, il aurait dû être résorbé au plus vite, mais 2022 n’est pas au rendez-vous. »

La France parmi les pays européens les plus endettés

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Source : Insee, 2021.

“La France reste l’un des élèves faibles de l’Union européenne, traditionnellement les pays du sud”, a déclaré en premier lieu Stephanie Wheeler. Toute la question reste de savoir combien de temps les pays du Nord respecteront les règles budgétaires européennes, laissant prévaloir l’insouciance des pays du Sud : “On ne peut pas exploser indéfiniment la dette”, rappelle l’expert. A l’heure actuelle, même si la France donne toute sa richesse pendant un an pour réduire sa dette (on vous assure que c’est impossible), elle restera endettée. Pour la Grèce, cela prendra deux ans.

L’explosion de la dette en France

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Source : Insee, 2022.

Les années 2020, 2021 et 2022 montrent l’explosion de la dette avec le coronavirus et “tout ce qu’il faut”. “La dette publique a augmenté d’un peu moins de 500 milliards d’euros. C’est une somme énorme qu’il faudra dépenser un jour. Or, avec toutes les mesures prévues pour 2022 contre l’inflation, la dette risque de continuer d’augmenter », a déclaré Stephanie Wheeler.

Deuxième problème et dernier mais pas des moindres : l’inflation fait monter les taux d’intérêt. Or, qui dit dette, dit emprunt, dit remboursement. La récupération, qui est donc de plus en plus coûteuse. C’est la crainte de Bruno Le Mer : “Quand l’inflation remonte, le poids de la dette augmente aussi de plusieurs milliards d’euros, et ma responsabilité de ministre des Finances, je veux que tout le monde l’entende, c’est de revenir à l’équilibre des finances publiques d’ici 2027.”, a-t-il insisté. On rappelle que la France emprunte “plus de 2%”, alors que les taux d’intérêt étaient négatifs ou nuls il y a quelques mois.

La France, championne de la dépense publique

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Source : Insee, 2021.

Historiquement, la France a eu une part de dépenses publiques extrêmement élevée, bien supérieure à la moyenne européenne. “Ce qu’on constate, c’est que la France n’a pas forcément dépensé plus que ses voisins pendant la période covid, mais elle est partie d’un seuil beaucoup plus élevé”, a déclaré Stéphanie Wheeler. L’exemple de la Grèce est préoccupant, prévient l’expert : « La forte baisse des dépenses publiques en 2014 s’explique par les contraintes budgétaires imposées par l’Union européenne. Nous risquons cela lorsque nos dépenses publiques augmentent. Et c’est ce que la France risque à terme si elle continue dans cette voie. D’où la nécessité, selon Bruno le Mer, de dire stop.