France

“Ce processus a été une odyssée dont aucun acteur ou observateur assidu ne sortira indemne.”

Au terme de près de dix mois de débats et de cent quarante-huit jours d’audiences, le Tribunal spécial de Paris doit rendre son verdict, mercredi 29 juin, dans ce procès historique des attentats du 13 novembre 2015, 130 morts à Paris et Saint-Denis.

Sur les vingt accusés jugés dans ce procès, quatorze étaient présents au tribunal. Ces derniers, à leur tour, se sont levés lundi, dernier jour de l’audience, pour réitérer leurs “regrets” ou “excuses” et “condoléances” aux victimes et remercier leurs avocats. “Je crois en la justice”, “J’attends beaucoup de votre condamnation”, ont dit plusieurs autres.

  • Une condamnation à perpétuité est nécessaire contre cinq des 20 accusés

Aux côtés de Salah Abdeslam, seul membre survivant des commandos, figurent parmi les accusés Mohamed Abrini, qui a refusé de se faire exploser à la dernière minute, Oussama Krayem et Sofia Ayari, “membres de haut rang” d’une cellule jihadiste soupçonnée de rechercher Le 13 novembre 2015, Mohamed Bakali est accusé d’avoir loué des abris à Bruxelles pour héberger des djihadistes et d’y avoir emmené certains d’entre eux.

Contre ces cinq prévenus, le Parquet national antiterroriste (PNAT) a requis la réclusion à perpétuité assortie d’une période de cautionnement non comprimée pour M. Abdeslam, d’une caution de vingt-deux ans pour MM. Abrini et Epicerie et trente ans pour MM. Krayem et Ayari.

  • Cinq à 20 ans de prison requis contre des “opérationnels”

Sont également jugés les “agents mécontents” Adel Hadadi et Mohamed Usman, qui, en quittant la Syrie, n’ont pas réussi à rejoindre l’Europe à temps pour participer aux attentats. L’avocat général a requis tous les vingt ans d’emprisonnement, assortis d’une période de sûreté aux deux tiers.

Hamza Atu, Ali Ulkadi et Abdela Chouaa sont apparus libres. Tous trois originaires de la commune bruxelloise de Molenbeek, les deux premiers sont jugés pour avoir aidé Salah Abdeslam à échapper aux attentats. Le parquet a requis des peines de cinq à six ans de prison avec « ordonnance de dépôt » pour M.M. Chuaa et Atu.

Six accusés sont jugés par contumace. Ahmed Dahmani, un ami de Salah Abdeslam, purge une peine dans une prison turque pour terrorisme, et les cinq autres, membres de la hiérarchie de l’Etat islamique (EI), seraient morts dans la zone irako-syrienne. Parmi eux figurent le Belge Oussama Atar, le commanditaire de l’opération, Omar Darif, expert en explosifs, ou encore les frères Klein, chefs de la propagande de l’EI et auteurs du message audio alléguant les attentats du 13 novembre.

Rencontres du jour :

  • 10h30 | Le président de l’association Life for Paris Victims, Arthur Denuvo, a répondu à vos questions sur les leçons que les victimes et les familles tirent de ce processus, ainsi que sur les conséquences lorsque l’attention médiatique cédera à nouveau la place au quotidien.
  • 14h | Nos journalistes Henri Sekel et Soren Seelow, qui ont suivi ces dix mois d’auditions, étaient à votre disposition pour évoquer leur manière de vivre et raconter ce processus historique.
  • Dès 19h30 | Après deux jours et demi de débats, en plein huis clos, le tribunal accrédité spécialement composé prononcera son verdict contre les vingt prévenus – nous vous rappelons qu’ils ne sont pas tenus de se conformer aux détails de l’accusation.

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Analyser. Qui sont les vingt accusés du procès ?

Présentation. Une organisation sans précédent pour un processus hors du commun

Une histoire. “Ici la justice et le droit ont le dernier mot” : au procès du 13 novembre, un réquisitoire pour l’histoire

Déclaration d’audition. “Il fallait choisir entre qui vivrait ou mourrait”: au procès le 13 novembre le récit de l’évacuation des blessés du Bataklan

Podcast. Le demi-tour de Salah Abdeslam

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