Héma-Québec lance un appel aux dons des communautés noires
Posté à 5h00
Ariane Lacourcière Presse
Désireuse de reconstituer sa banque de donneurs issus des communautés noires, l’organisme Héma-Québec appelle chacun à encourager ses membres à donner du sang. Pour les quelque 175 Québécois atteints de drépanocytose qui doivent recevoir des transfusions sanguines chaque mois, l’accès à du sang compatible peut être une question de vie ou de mort.
Environ 1 800 personnes sont atteintes de drépanocytose au Québec, une maladie génétique qui touche majoritairement les personnes issues des communautés noires, explique la Dre Nancy Robitaille, vice-présidente de la médecine transfusionnelle à Héma-Québec.
PHOTO AVEC L’AUTORISATION DE MARC COUTURE
Dre Nancy Robitaille, vice-présidente de la médecine transfusionnelle à Héma-Québec
Pour environ 175 d’entre eux, le traitement de leur maladie comprend des transfusions sanguines mensuelles. « Nous estimons qu’une seule de ces personnes a besoin de 130 dons par année », note le Dr Robitaille.
Pour augmenter les chances de trouver un donneur compatible avec les patients, il est préférable que les donneurs soient issus des communautés noires, explique le Dr Robitaille. Depuis 2009, près de 10 000 nouveaux donneurs de sang ont été recrutés dans les communautés noires, explique le porte-parole d’Héma-Québec, José Larive. Mais comme près de 26 000 dons sont nécessaires chaque année pour traiter la population drépanocytaire, la banque de donneurs doit s’agrandir, explique-t-elle.
Douleurs de l’accouchement
Les globules rouges des personnes atteintes d’anémie falciforme deviennent durs et en forme de croissant, au lieu de rester flexibles et ronds. Ce changement de forme peut provoquer un blocage des vaisseaux sanguins, ce qui aura des conséquences différentes pour les personnes concernées.
Les deux parents d’Akelia Campbell, de Montréal, étaient sans le savoir porteurs du gène de la drépanocytose. À 3 mois, l’enfant a eu la première crise. Aujourd’hui âgée de 30 ans, Mme Campbell a appris à vivre avec la maladie. “Mais ce n’est pas facile. Parce que vous ne pouvez pas le voir. Le problème, c’est votre sang… C’est une maladie chronique invisible », dit-elle.
La drépanocytose se manifeste de différentes manières, plus ou moins sévères, chez les personnes atteintes. Avec Mme Campbell, tout s’enchaîne.
C’est beaucoup de douleur. Certains disent que c’est aussi difficile qu’un accouchement. À chaque battement de mon cœur, j’ai l’impression qu’il me pince très fort. D’autres disent ressentir une sensation de brûlure. Et la douleur apparaît partout. Sur le dos, sur les jambes, sur la peau…
Acelia Campbell vivant avec la drépanocytose
“Cela peut être très douloureux”, explique le Dr Robitaille. Ces patients sont également plus sensibles aux infections. “Les patients drépanocytaires sont également plus susceptibles d’avoir des accidents vasculaires cérébraux, des lésions rénales, une hypertension pulmonaire, une perte de vision…
Mme Campbell a dû se faire remplacer la hanche gauche à l’âge de 22 ans. Elle a subi une intervention chirurgicale préventive en 2021 pour éviter de se faire remplacer la hanche droite. Et elle a eu un remplacement partiel de l’épaule gauche en avril.
Pour Mme Campbell, le plus difficile est de ne jamais pouvoir prévoir ces crises. « Et vous ne savez pas combien de temps vous allez être hospitalisé quand vous allez à l’hôpital. Ça peut être trois heures ou deux semaines… Eh bien, ça fait trois mois que je n’ai pas travaillé parce que j’ai été hospitalisée fin avril et tout de suite après, j’ai subi une opération à l’épaule », raconte-t-elle. Ces nombreuses lettres ont eu un énorme impact personnel et financier sur Mme Campbell.
La transfusion sanguine au cœur de la solution
Peu de traitements existent pour lutter contre la drépanocytose. Des analgésiques sont administrés pour soulager la douleur. Dans certains cas, un produit appelé hydroxyurée est également utilisé pour prévenir les convulsions et réduire l’anémie. Mais pour certaines des personnes touchées, environ 175 au Québec, la solution passe par les transfusions sanguines. « Nous prélevons les globules rouges de la personne atteinte et les remplaçons par ceux de plusieurs donneurs sains », explique Mme Larivée. « Il peut être utilisé ponctuellement pour une crise aiguë ou régulièrement dans un programme dit de transfusion », explique le Dr Robitaille.
Ces patients, les cas les plus graves, sont transfusés tous les mois. Mme Campbell n’a pas besoin de transfusions sanguines régulières. “Mais si je vais à l’hôpital et que mon taux d’hémoglobine est bas, il faudra peut-être beaucoup de sang pour que je revienne…”, dit-elle.
Le don de sang est un geste concret qui peut avoir un impact direct sur la qualité de vie des personnes concernées.
José Larive, porte-parole d’Héma-Québec
“Des patients racontent qu’à la veille d’un don de sang, par exemple, ils ne peuvent pas travailler et ont à peine la force de se lever d’un fauteuil ou d’un lit. Le lendemain de l’échange sanguin, ils éprouvent une poussée d’énergie fulgurante. Mais pour faire ces échanges sanguins, il faut des donneurs… », explique Mme Larrivee.
« La communauté doit se rassembler pour aider à soutenir ces personnes. Cela fait toute la différence », déclare Mme Campbell.
Les personnes qui désirent donner du sang peuvent participer à la collecte de sang le 5 juillet au Centre communautaire Roussin à Pointe-aux-Trembles (13 h 30 à 19 h 30 au 12125, rue Notre-Dame Est). Il est également possible de prendre rendez-vous à l’un des trois centres de prélèvement fixes d’Héma-Québec à Place Versailles, Kirkland ou DIX30.
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