Des policiers gardent les entrées du Stade de France avant le match de football entre Liverpool et le Real Madrid, à Saint-Denis, le 28 mai 2022. CHRISTOPHE ENA / AP
Et il n’en restait plus que six. Sur les 100 interpellations annoncées après le chaos autour du Stade de France samedi 28 mai, 48 interpellations policières étaient dénombrées lundi matin, selon “des hordes de casseurs de cités”… Ces six hommes, âgés de 21 à 39 ans , reste , qui a défilé mardi 31 mai, a immédiatement comparu devant le tribunal correctionnel de Bobini pour vol de téléphones, de montres ou encore d’un collier volé aux abords du Stade de France. “Toutes les autres arrestations par la police ont été levées”, ont déclaré les procureurs.
Oussama K. a été le premier à être condamné au cours de cet après-midi chargé. Un masque jaune sous le menton, des cheveux bouclés, a-t-il dit ce soir, durant lequel il a tenté d’entrer dans le stade sans billet pour assister à la finale de la Ligue des champions. Une fois, deux fois, trois fois. Sans succès. Et repartant après le match, sur les quais bondés de la ligne 13 du métro, le voilà, mettant la main dans la poche d’un supporter anglais. Il sera interpellé quelques secondes plus tard après avoir jeté le téléphone de l’Anglais par terre.
Osama K. a 24 ans et vit occasionnellement entre une tente sous un pont et une chambre louée quand ses livraisons UberEats lui font gagner quelques jours de chaleur. C’est dématérialisé, donc pour travailler, il re-transfère le compte sur la plateforme pour 100 euros par mois. “Les avantages extraordinaires de la nation nouvellement créée”, a déclaré son avocat, Loic le Kelek. Son client, qui ne sait ni lire ni écrire, a récemment échangé son scooter contre un vélo et un peu d’argent. Chaque mois, il envoie 100 euros à sa mère et ses quatre frères et sœurs, restés en Algérie.
Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Incidents au Stade de France : “Le problème, c’est que la police perçoit chaque attroupement comme un groupe homogène”
Il y a un peu plus d’un an, Oussama K. est arrivé en France par bateau car il aimait Paris, imaginait trouver un travail, et sa famille ne mangeait qu’un seul repas par jour en Algérie. Le traducteur a traduit sa demande en arabe : « Donnez-moi une punition, mais pas d’emprisonnement. Il promet de “quitter la France” qu’on ne le surprendra pas en train de faire ça. Son dossier était alors vide. “De toute façon, vous quitterez la France parce que vous êtes endetté”, a perdu la présidente du tribunal, citant quatre courriers récemment versés à son dossier préfectoral, l’OQTF, sur l’obligation de quitter le territoire français.
Entreprise à “dimension internationale”
Le procureur s’est levé pour parler d'”une atteinte à l’ordre public qui dépasse le cadre de l’audience”, du “contexte particulier” et de la “dimension internationale” de l’affaire. Il requiert dix mois de prison avec un mandat. La salle retint son souffle. Dix mois terminés par le départ immédiat en prison pour avoir volé un téléphone au premier délinquant, s’étonne l’avocat. Mais puisqu’il faut parler du “contexte”, Me Le Quellec n’a pas besoin de se demander : “Peut-on dans ce cas prendre en compte dans le cadre des déclarations du ministère de l’Intérieur : ce serait d’abord par la faute des supporters britanniques et ensuite par la faute de ceux-ci ? Peut-être que l’histoire pourrait être un peu plus nuancée ? »
Il vous reste 46,3% de cet article à lire. Ce qui suit est réservé aux abonnés.
Add Comment