France

Enquête secrète, ADN, alibi d’Omar Radad… ces révélations qui pourraient guider le processus d’examen

Les pièces de ce dossier, déposées et présentées ce jeudi 19 mai par l’avocat du jardinier condamné pour le meurtre de Ghislaine Marchal, pourraient démontrer un scandale judiciaire.

Le mystère qui empoisonne l’affaire depuis trois décennies est peut-être sur le point d’être résolu, mais il pourrait aussi révéler que les gendarmes ont déterré d’autres indices, prouvant un possible scandale judiciaire.

Omar Radad a été condamné à 18 ans de prison pour le meurtre de Ghislaine Marchal en 1991, avant d’être partiellement gracié par Jacques Chirac en 1996.

Condamné, puis gracié

La richissime héritière a été retrouvée morte chez elle, vêtue d’un peignoir dans une cave fermée de sa villa de Mougins dans les Alpes Maritimes en juin 1991, avec une inscription écrite sur le mur dans son sang : “Omar m’a tué”.

L’identification du coupable avec ces quelques mots – et une faute d’orthographe qui a soulevé des doutes – a conduit à la condamnation d’Omar Radad, qui était à l’époque le jardinier de la victime.

L’homme qui a été gracié clame toujours son innocence : mais il reste le coupable officiel devant le tribunal.

Demande de révision

Ainsi, son avocate, Me Sylvie Noachovitch, a déposé une demande de révision en juin 2021 concernant de nouveaux éléments qui doivent être analysés pour établir la vérité.

Et ce jeudi 19 mai, dans l’après-midi, elle plaidera devant la commission d’instruction de la Cour des comptes, devant la Cour de cassation, pour révéler tous les éléments, ADN masculin retrouvé sur les lieux du crime, enquête abandonnée…, comme Rapports mariaux.

Une enquête secrète a finalement été révélée

Il faut revenir après la grâce présidentielle pour mener une enquête pour explorer d’autres voies, rapporte RTL.

Omar Radad prétend être innocent depuis trente ans. MAXPPP – MÈRE DE MARTINIAC

En 2001, Maître Vergès, puis Omar Raddad, ont fait l’objet d’un procès-verbal. Une enquête préliminaire a été ouverte par la gendarmerie de Nice entre 2002 et 2004.

Suite à un reportage télévisé sur l’affaire, un témoignage a été donné que le meurtre aurait pu être commis après un cambriolage qui aurait mal tourné, parrainé par un restaurateur, un dénommé Morris.

L’homme prévoyait de commettre un cambriolage de la riche héritière avec un Pablo et un Slovaque, un “homme de l’Est”.

Car Ghislaine Marchal avait confié son art de vivre et son jardinier à ce restaurateur dont elle a fréquenté le restaurant.

Pour la gendarmerie, cette trace est crédible et les investigations doivent se poursuivre, mais elles n’iront pas plus loin et a priori elle ne serait pas remise aux différentes parties ni au tribunal.

Cette enquête secrète a été révélée il y a quelques semaines dans le livre “Ministère de l’injustice”, écrit notamment par le journaliste parisien Jean-Michel Decouget.

Un alibi pour Omar Radad ?

Outre des traces de cambriolage, une enquête de gendarmerie révélerait même un alibi pour Omar Radad.

En effet, le jour du meurtre, Omar Radad a affirmé avoir quitté le domicile d’un de ses employeurs. Ce dernier a confirmé ses dires.

Mais rien ne confirme qu’il soit rentré chez lui, comme il le dit depuis des années.

Il se rendait à la boulangerie, mais aucun témoin ne s’en souvient.

En revanche, l’enquête de la gendarmerie aurait démantelé un appel téléphonique d’une cabine téléphonique sur le chemin de son déplacement à 12h51 par le jardinier.

La victime étant décédée entre 11h50 et 13h30, cet enregistrement téléphonique peut servir d’alibi.

Le profil ADN de l’homme

L’analyse ADN a révélé une empreinte génétique masculine mêlée au sang de la victime, notamment sur l’inscription “Omar m’a tué”, qui n’est pas celle d’Omar Raddad.

Lire aussi – “Le homard m’a tué” : l’affaire a été renouvelée avec un profil ADN identifié et une éventuelle révision de la procédure

L’avocate s’appuie depuis un certain temps sur cet élément pour démontrer l’innocence de son client.

Une comparaison de cet ADN avec les voleurs présumés pourrait coïncider, mais elle doit être acceptée par la Cour.

Dès lors, tous ces éléments seront défendus par l’avocat ce jeudi 19 mai, devant la commission d’instruction de la Cour des comptes.