Au sud d’Avignon, vers Tarascon (Bouches-du-Rhône), le 14 juillet 2022. ADIL BENAYACHE / SIPA
La France souffle à nouveau. Depuis le début de la semaine, il connaît une canicule dont l’intensité pourrait dépasser celle de 2003. Une nouvelle épreuve, alors que le pays était déjà frappé par une canicule sans précédent en raison de son développement prématuré à la mi-juin.
Dans ce contexte de températures élevées et de sécheresse, les pompiers sont appelés sur tous les fronts et ont déjà dû faire face à plusieurs grands incendies en Gironde, Gare, Cévennes, Vars ou encore les Pyrénées-Orientales. Les intempéries qui ont frappé le pays entre fin mai et début juillet ont également provoqué “près d’un million de sinistres”, estimés à 3,9 milliards d’euros par France Assureurs.
La crise climatique touche toujours le plus durement la France, ainsi que le reste du monde, comme l’illustrent les derniers rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui montrent que le changement climatique s’intensifie dans toutes les régions, à des niveaux sans précédent. Alors que le GIEC a appelé début avril à des mesures immédiates et radicales dans tous les secteurs pour “garantir un avenir vivable”, la réponse du gouvernement français n’a jusqu’à présent pas été à la hauteur de la tâche. Elle “avance” mais reste “courte”, prévient le Haut Conseil pour le climat (HCC) dans son quatrième rapport annuel publié fin juin. Ainsi, “des risques importants subsistent” de manquer les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 2030, selon l’organisme indépendant, qui appelle à un “pic” sur l’action climatique.
Les sources d’inquiétude sont multiples : si les émissions pour 2019-2021 sont à la limite, c’est principalement en raison des effets de la pandémie de Covid-19 et du report d’une partie de l’action. “Les mesures mises en place aujourd’hui ne suffisent pas à nous remettre sur la bonne voie”, constate la climatologue Corinne Le Carré, présidente du HCC. Par ailleurs, l’Union européenne (UE) a relevé ses objectifs climatiques 2030, il appartiendra donc à la France d’accroître significativement ses efforts. Le taux annuel de réduction des émissions devra doubler, une “accélération sans précédent”, préviennent les treize experts. En parallèle, la France, qui n’est “pas prête” à affronter les impacts déjà visibles du changement climatique, doit aussi mettre en place une véritable stratégie d’adaptation, rappelle le HCC.
La pression est d’autant plus grande que le gouvernement fait l’objet de deux décisions de justice, du Conseil d’Etat et du Tribunal administratif de Paris, lui enjoignant de prendre des mesures supplémentaires. Ces derniers mois, d’autres instances ont relevé le retard accumulé par le pays, l’instance écologiste estimant même que “la transition écologique n’a pas commencé”.
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