“Ce qui tue le peuple corse, c’est la France, le système économique mondial et certains de nos peuples qui en sont complices”, accuse l’organisation secrète dans ce document remis à Corse Matin.
Parmi ces complices, le texte vise précisément Femu a Corsica, le parti autonomiste de Gilles Simeoni, président de l’exécutif corse, et “sa volonté d’hégémonie”.
Déplorant l’apparition “d’une forme de patriotisme bobo, de complaisance supposée, quelle qu’en soit l’issue”, le FLNC envisage, par exemple, l’élection de trois députés autonomistes corses en 2017 (NDLR : tous réélus aux législatives de juin) n’apporte « aucune avancée tangible pour les droits nationaux » du peuple corse.
Face à la France, dont l’attitude serait “rarement dédaigneuse et condescendante” envers le peuple et les élus corses, le FLNC s’est déclaré “extrêmement pessimiste” sur les discussions annoncées avec Paris et la visite prévue dans l’île. , probablement fin juillet au ministre de l’Intérieur Gérald Darmanen.
Lors d’un voyage de trois jours sur l’Ile de Beauté mi-mars pour apaiser les tensions nées de l’attaque en prison d’Ivan Colonna (ndlr : il est finalement mort le 21 mars), ce militant indépendantiste condamné à la prison à vie pour son implication lors de l’assassinat en 1998 du préfet Eriniac à Ajaccio, M. Darmanin a offert aux élus de l’île la perspective de “l’autonomie”.
Sur ce sujet de l’évolution institutionnelle de la communauté corse, le FLNC a réitéré lundi ses revendications : “reconnaissance officielle du peuple corse”, “autonomie politique transitoire immédiate” et accession à l’autodétermination “d’ici 5 ans”.
“La lutte continue”, insiste le FLNC, précisant qu’il ne sera pas un “observateur passif de la mort programmée du peuple corse sur ses terres”, menacé par la “colonisation de la colonie”, qui représenterait “5.000 arrivées chaque année” sur l’île.
Condamnant le “bétonnage” de l’île, les terres agricoles, “un nouvel eldorado économique, (désormais) surévalué” ou le tourisme aujourd’hui, dominé “par des groupes français”, l’organisation secrète termine son texte en revendiquant 16 “actions” ciblant deux voitures de police, deux entreprises de construction et douze résidences privées à travers l’île, y compris l’incendie de 36 mobil-homes dans un camping à Alleria.
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