Avec le rapatriement, le 5 juillet, de 35 enfants et de 16 femmes djihadistes détenus dans des camps du nord-est de la Syrie, le gouvernement a agi avec audace et sagesse. Ainsi, elle rompt avec la politique du « cas par cas », qui consistait jusqu’à présent à rapatrier les orphelins et les enfants dont les mères ont renoncé à leurs droits parentaux. Cette opération, qui concerne 7 orphelins, 12 mères avec leurs 28 enfants et 4 mères qui ont accepté de faire rapatrier leurs enfants séparément dans le passé, est, espérons-le, un début et non une solution isolée.
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Environ 75 femmes françaises et 160 enfants continuent de vivre sur place dans des campements insalubres, étouffant sous la chaleur estivale et grelottant l’hiver sous des tentes bâchées. La santé et l’hygiène sont plus que rudimentaires, voire inexistantes. Il n’y a pas de nourriture, et surtout aucune éducation n’y est dispensée, sauf celle qui est donnée par des mères encore radicalisées. Ces enfants, qui ne peuvent être reconnus coupables des crimes de leurs parents et dont la moitié ont moins de 7 ans, ont droit à une éducation paisible sans place pour l’extrémisme. Les maintenir dans des conditions de survie aussi déplorables ne ferait qu’accroître leur haine de la France.
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Ces femmes françaises et leurs enfants doivent être rapatriés pour des raisons humanitaires, comme l’UNICEF, le Comité des droits de l’enfant de l’ONU, le Défenseur des droits et la Commission nationale consultative des droits de l’homme. Toutes ces autorités ont critiqué le manque d’éducation et l’abandon de facto des citoyens mineurs. Tous ont souligné que le rapatriement des enfants sans leurs mères est impossible.
No man’s land légal
Pendant longtemps, la France a cru pouvoir le faire en laissant cette dernière en place purger une peine non prononcée dans un no man’s land juridique et territorial : la souveraineté des forces kurdes qui gèrent les camps de ce Kurdistan syrien autonome n’est pas internationalement reconnus. Ils restent à la merci d’une offensive de Damas ou d’Ankara, qui n’ont jamais toléré l’apparition d’une entité kurde hostile à leur frontière.
Toutes les solutions pour juger ces femmes sur place, comme Paris l’a toujours soutenu jusqu’à aujourd’hui, ont échoué. Si la France a montré l’exemple en traitant avec droit et justice les blessures que lui a infligées le terrorisme djihadiste en concluant avec succès le procès extraordinaire pour les attentats du 13 novembre 2015, elle ne peut continuer à entretenir quelque chose comme un Guantanamo en surface dans le nord-est de la Syrie. .
Toutes ces femmes peuvent faire l’objet de poursuites menées par le Parquet national antiterroriste. Ils peuvent être jugés, comme l’a indiqué le 30 juin son chef de file, le magistrat Jean-François Ricard. Plusieurs femmes qui ont rejoint le désastreux “califat” de l’organisation Etat islamique et qui ont parfois activement participé à ses exactions ou qui ont simplement servi de soutien logistique et moral, se trouvaient déjà dans de parfaites conditions de justice en France. Le rapatriement permet de mettre fin à ce déni de justice, y compris pour l’un, l’ancien pilier de cette entreprise meurtrière, Emily Koenig, qui a joué un rôle important en tant que recruteur dans le passé. Dès lors, nous ne pouvons qu’encourager les autorités à poursuivre dans cette voie, conforme aux valeurs de la France.
Le monde
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