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Liberté académique Le projet de loi 32 a été adopté par l’Assemblée nationale

(Québec) Les élus ont adopté vendredi le projet de loi 32, visant à mieux protéger la liberté académique en milieu universitaire.

Posté à 14h10

Caroline Plante La Presse Canadienne

Cependant, les huit députés de Québec solidaire (QS) présents ont exprimé leur embarras en s’abstenant.

En effet, la loi 32 donne au ministre de l’Enseignement supérieur le droit d’apporter les “ajustements nécessaires” aux établissements d’enseignement considérés comme non conformes.

Cet article “permet au ministre de prendre le crayon puis d’aller écrire, à la place des universités, les politiques intérieures qu’elles doivent adopter”, s’est plaint le député QS Alexandre Ledyuk.

“Nous voulions nous assurer que l’Assemblée nationale ne donne pas à l’unanimité son feu vert à ce précédent, qui vient essentiellement jouer dans l’autonomie universitaire”, a-t-il déclaré.

Lorsqu’ils sont venus témoigner devant des élus, les recteurs se sont également opposés au projet de loi.

Des événements troublants

Mais “les dernières années nous ont montré que la liberté (académique) n’est pas aussi grande qu’on serait tenté de le croire”, a rappelé le ministre Daniel McCann dans ses propos conclusifs cette semaine.

Elle a dit qu’elle était au courant de plusieurs “événements troublants”.

L’an dernier, une enseignante de l’Université d’Ottawa a été congédiée après une plainte concernant l’utilisation du mot qui commence par la lettre « N » dans sa classe.

La loi 32 répond à toutes les recommandations données par la commission Cloutier, sauf qu’elle intègre certains avis formulés par celle-ci, a fait valoir le ministre.

Elle définit la liberté académique de l’université et veille à ce que les établissements adoptent une politique exclusive visant à sa reconnaissance, sa promotion et sa protection.

Enfin, la loi rend ces institutions responsables de la mise en œuvre de leurs politiques.

«Le Québec est un pionnier en matière de liberté académique universitaire et de lutte contre l’autocensure», a déclaré Mme McCann dans un communiqué publié vendredi.

« Très précisément, grâce à ce projet de loi, tous les sujets peuvent être abordés et tous les mots peuvent être prononcés dans un contexte pédagogique.

“J’espère que d’autres juridictions suivront notre modèle. […] les universités […] il doit fournir un environnement propice à l’apprentissage, à la discussion et au débat », a-t-elle conclu.

Réaction

La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) estime que les amendements apportés par la ministre rendent le projet de loi 32 « acceptable et pertinent ».

Cependant, la loi “ne garantit pas la protection d’un de nos membres qui critique les positions de son employeur. […] C’est un laissez-passer qui demande une grande vigilance », a déclaré Christine Gauthier, vice-présidente de la FNEEQ-CSN.

La loi n’impose pas non plus d’obligation explicite à la direction des établissements de prendre en charge la cause des salariés persécutés par des tiers pour avoir exercé leur liberté académique, souligne le syndicat.