Le Bloc québécois a présenté une proposition jeudi après une période de questions, disant au Président de la Chambre des communes qu’il y avait accord unanime des élus pour convoquer Hockey Canada devant ce comité, ce qu’il n’avait qu’à certifier.
Choqué par cette histoire, le ministre fédéral des Sports Pascal Saint-Onge a annoncé un audit financier de Hockey Canada plus tôt dans la journée.
Ce que tous les Canadiens veulent savoir, tout comme moi, c’est : des fonds publics ont-ils été utilisés pour dissimuler cette histoire de viol collectif? Nous procéderons à un audit financier pour nous assurer que ce n’est pas le cas, a-t-elle déclaré à la presse.
Il est allégué que la jeune femme dans cette affaire, identifiée par les initiales EM, a été agressée à plusieurs reprises dans une chambre d’hôtel à London, en Ontario, en juin 2018, après avoir animé un gala de la Fondation Hockey Canada et présenté un tournoi sur le golf, TSN a rapporté.
Martin Leclerc explique un cas d’agression sexuelle impliquant des joueurs de hockey adolescents du Canada. (Images : ICI-RDI)
L’avocat de la jeune femme, Robert Talah, a confirmé que son client était parvenu à un accord à l’amiable dans le cadre d’une affaire civile qui la satisfaisait. La victime voulait 3,5 millions de dollars. Le montant reçu n’est pas connu.
Hockey Canada confirme également avoir conclu la transaction en privé.
Les organisations doivent être tenues responsables, a déclaré Pascal Saint-Ong dans une interview accordée à Tout un matin plus tôt dans la journée.
Le ministre des Sports veut savoir d’où vient le montant que la victime a reçu de Hockey Canada.
“Ma relation avec les organisations sportives est principalement financière à travers des fonds publics que nous donnons pour permettre aux athlètes de s’entraîner. Il y a des conditions lorsque ces organisations reçoivent ces fonds publics. Et il est clair que les fonds publics ne peuvent pas être utilisés dans une telle situation pour couvrir de tels événements. »
– Citation de Pascale St-Onge, ministre fédérale des Sports
Pascale St-Onge s’appuiera sur des mécanismes de vérification pour obtenir des réponses.
Toutes les organisations sportives canadiennes sont auditées régulièrement, a rappelé le ministre. Nous pouvons anticiper ces vérifications et chaque centime, chaque dollar doit être justifié.
NDLR : Un audit est une analyse indépendante qui certifie les comptes d’une entreprise ou d’un organisme.
Pascal St. Ong se demande également pourquoi Hockey Canada s’est impliqué dans cette affaire.
L’autre chose que les Canadiens veulent savoir, c’est comment une organisation sportive aussi importante au Canada a fait en sorte que les joueurs qui ont ces accusations contre eux ne soient pas responsables de leurs actes et qu’il y en ait plusieurs qui sont dans la LNH aujourd’hui? dit-elle.
Il y a un accord, c’est un dossier compliqué, a-t-elle ajouté. La LNH a déclaré qu’elle ferait la lumière sur l’histoire. Nous verrons donc ce qui se passera ensuite et garderons une trace du dossier.
Je suis dégoûté et découragé
Pascal Saint-Ong avait déjà réagi sans filtre à cette histoire mercredi soir.
“Je suis dégoûtée et découragée d’apprendre qu’une histoire de violences sexuelles resurgit dans le monde du sport”, a-t-elle déclaré dans un e-mail.
C’est un dossier complexe et alarmant. Nous prendrons le temps d’analyser les faits et le rôle de la fédération, a-t-elle ajouté.
La ministre St-Onge a révélé avoir appris l’existence de cette entente amicale la veille de la diffusion du rapport de TSN. Le président de Hockey Canada l’a appelée pour l’en informer.
Ni Sport Canada, à ma connaissance, ni je ne savais certainement pas qu’il y avait un tel dossier à Hockey Canada, a confirmé Mme St-Onge. Personne n’a été informé qu’une telle affaire est devant les tribunaux.
“Cette histoire montre une fois de plus qu’il y a une culture du silence qui règne et nous devons mettre fin à cette culture. L’environnement des athlètes et l’organisation ont des responsabilités. »
– Citation de Pascale St-Onge
Le ministre fédéral des Sports estime que les sportifs devraient être mieux surveillés.
Les athlètes doivent être formés aux questions de consentement. Nous devons parler d’éducation sexuelle pour comprendre ce qui est approprié et ce qui ne l’est pas.
Depuis mon arrivée au bureau, c’est à cela que je travaille, changer la culture du sport, a conclu Pascal Saint-Ong.
Radio-Canada Sports a tenté de contacter Hockey Canada pour obtenir une réponse aux propos de St-Onge. Ensuite, le responsable de la communication de la fédération nous a dirigé vers le communiqué publié au moment où cette histoire a été révélée par TSN. Il dit que Hockey Canada se dit profondément préoccupé par ces graves allégations de violence sexuelle. Dès qu’elle a été informée de cette histoire en 2018, elle a contacté les autorités policières compétentes, peut-on lire.
Add Comment